Claire…

J’essaie de terminer cette semaine.
 
"Et moi aussi, je ne suis pas limitée à moi-même.
 
Mardi 2 mai
Je fais tout mal, je vis mal, je pense mal, je mange mal, je respire mal, j’aime mal, je pense mal, j’écris mal, je parle mal.
Je fais mal, je suis mal, j’ai mal.
 
Seigneur, qu’est-ce que c’est que ce binz? Quelque chose tourne carré dans ce système, c’est pas normal que tant de gens soient à ce point dans la souffrance, c’est pas normal que tes enfants dégustent un pain de larmes et d’amertume.
Fallait faire différemment. Mieux nous protéger, mieux nous concevoir, je sais pas, moi, je suis pas Dieu!
Je sais pas trop ce que je suis. Fille de Dieu, çà reste abstrait, en réalité.
Mais je sais ce que je ne suis pas: bien dans mes baskets, heureuse. En paix. Je ne suis pas en paix, je suis en tourment permanent. Combien de fois le Christ m’a-t-il donné sa paix, à la messe? Plein de foi, plein de fois. Et bernique, çà ne marche pas, la paix ne prend pas.
  
   Mais que faut-il que je fasse?
   Seigneur, où est ton amour?
   Ô vie, où est ta victoire?
 
La mort, la souffrance et le mal étendent leur ombre sur moi.
La nuit, je voudrais être morte. Je desesprime comme une pauvre bête.
Quelle grande compassion faut-il avoir pour ceux qui se suicident! Comme devait être grande leur détresse, leur souffrance, pour en arriver à considérer la mort plus amicale, plus supportable que la vie?
J’aspire au rien, au néant, rejoins-je ces millions de personnes qui pensent que la mort est la fin de tout? Mourir, finir, mais finir vraiment, définitivement. Que tout s’arrête, jusqu’à la mémoire de la mémoire, qu’il ne reste aucune trace, le rien, le vide, l’absence.
La logique de l’échec menée à son terme, vivre pour rien, mourir pour rien.
Il y a quelques jours, il me semblait évident que le Christ était exactement celui dont parlent les évangiles, que tout ce que disaient les évangélistes était vrai.  Aujourd’hui, j’ai la tentation de l’athéisme absolu, être vivant par hasard, assemblage de molécules destinées à se désassembler un jour, retour à la poussière et point final.
Comme s’il y avait deux vérités, celle de Dieu et celle-ci, née de la nuit, de la détresse, de la fatigue, du manque de foi, de la souffrance.
Je ne vais plus à la messe, je ne prie plus.
Je sombre, doucement, presque passivement. Je végète dans une chaise longue, le regard vide, la tête moulinant de l’air vicié.
La seule chose qui reste au fond du trou, l’espoir, l’espérance, la curieuse certitude que s’il veut, tout peut changer d’un coup, revenir d’un coup, tout peut repartir. Il suffit qu’il dise une parole, et je serais guérie."  
 
Ma façon la plus naturelle de respecter la souffrance consiste à rester silencieuse, et Dieu comme celle de Claire (physique, spirituelle) est palpable dans ce passage…

One Response to Claire…

  1. gene dit :

    heureusement que j\’avais dit "j\’essaierai"

    J'aime

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