Après une page blanche, Claire écrit le…

"Chapitre IV     Via Dolorosa
 
VENDREDI SAINT.
 
Cassée, comme de bien entendu. Il y a trop de possessivité, de jalousie et d’égoïsme dans mon coeur, pour qu’il puisse aimer en vérité.
 
Seigneur, libère mon coeur de ces entraves,
guéris mon coeur pour que je puisse aimer.
 
Il y a trop de partis pris, de préjugés, et d’à-priori dans mon âme pour qu’elle puisse te connaitre en vérité..
 
Seigneur libère mon âme de ses entraves,
guéris mon âme pour qu’elle puisse recevoir ta sagesse et ton enseignement.
 
Mes défauts et mes résistances stérilisent mon coeur et mon âme, et m’empêchent de porter du fruit.
Taille l’arbre, émonde la vigne, qu’elle produise du fruit en abondance.
 
Il y a quelque chose de faussé dans le regard que je porte sur moi et sur les autres, sur le monde.
Je vois tout en noir, je ne vois que le côté négatif, je distingue le mal avec une netteté saisissante, mais je suis beaucoup plus miraude quand il s’agit de reconnaitre le bien.
Dans le principe originel de la connaissance du bien et du mal j’ai surtout retenu le concept du mal, que je vois partout, que je reconnais partout.
Seul le Seigneur peut m’aider à ouvrir mon regard au bien, à convertir mon regard.
Que je me souvienne que le bien est largement aussi présent partout que le mal, même si il est plus discret, moins bruyant et moins spectaculaire.
 
Quel mal j’ai à croire le seigneur quand il m’explique qui il est et qui je suis!
La lecture dans la nuit du discours d’adieu du Christ me fait toucher du doigt, fait jaillir dans mes ténèbres cette évidence-là. "Bon sang, croyez-moi, croyez en le Père, croyez qu’il m’a envoyé, que je suis la lumière, la vérité, la vie, le salut!" répète en substance Jésus. Et en l’entendant hier parler par la bouche des trois lecteurs de la messe, il me semblait parfaitement évident qu’il s’agissait là de la plus pure vérité vraie. Mais si je cherche dans mon coeur, dans mon âme, dans ma vie les preuves que j’ai compris, je ne trouve rien.
Chaque timide élan vers le bien est englué d’un faisceau de mouvements contraires. J’aime de manière incomplète, frileuse, capricieuse, vague et surtout terriblement limitée. J’aime untel et untel, mon amour est terriblement selectif.
C’est déjà dur pour moi d’aimer les miens, mais alors les leurs, les autres, çà relève de l’exploit.
Plusieurs fois dans ce texte, Jésus nous dit de demander au Père et à lui, en son nom, et que nous serons exaucés. Immédiatement je prépare ma liste au Père Noël!
Capacité d’aimer mes frères, moins de péchés, moins de mauvais en moi et plus de bon, et surtout, te connaitre comme tu me connais, te connaitre en vérité.
Même si j’en suis bien incapable!
 
"Femme, voici ton fils…
Voici ta mère…"
(Jean 19, 26)
En entendant pour la vingtième fois cette phrase du Christ, je comprends soudain que c’est aussi à moi qu’elle s’adresse. Marie est ma mère parce que son fils lui a demandé de le devenir.
Pour moi cette notion de volonté du Fils change tout. En reconnaissant Marie comme ma mère, je fais la volonté de Dieu.
Il m’a donné Marie, il m’a confiée à Marie.
Peut-être cette idée va-t-elle m’aider à mieux recevoir Marie."
 
Les trois point qui retiennent mon attention et qui me questionnent dans ce passage:
  1. Quelle est ma capacité d’aimer, moi? Il me semble que je raisonne à l’inverse de Claire sur ce point: Aimer Dieu, Jésus, Marie… une évidence. Aimer mes proches… trop facile. Aimer les autres… pourquoi pas, je peux le faire. Là où je progresse tout doucement reste bien encore de m’aimer moi-même je crois.
  2. Ma Liste au Père Noël? Arriver plus encore à m’effacer au profit des autres, entretenir mon désir de ne juger personne parce que je crois que la facilité à aimer est quelque part par là, retrouver le désir de prière qui est l’Amour premier et qui me fuit en ce moment…
  3. Marie? Elle… c’est si fort pour moi. Je n’ai pas à la recevoir. J’ai reçu d’elle.

En conclusion: Aimer… Marie…  les mêmes lettres. Si Jésus a voulu que Marie soit notre mère je crois que c’est parce que la mère est souvent l’exemple principal qu’un enfant prend,  et qui mieux que Marie pour nous apprendre à conjuguer le verbe "aimer" qui nous conduit vers Lui?

 

 

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