Je continue

9 mars 2010
"Samedi 4 mars.
Rends au Seigneur, ô mon âme,
rends au Seigneur sa place dans mon coeur, rends au Seigneur son souffle et sa parole,
rends au seigneur sa puissance et sa gloire,
rends au seigneur son esprit et sa vie,
car tout lui appartient.
 
Le Père et le Fils, je les conçois l’un par rapport à l’autre: le Père étant le Père du Fils, et le Fils, fils du Père.
Quant à l’Esprit, manifestation de l’amour que les deux personnes de la Trinité éprouvent l’un pour l’autre et pour tous les hommes de la terre, il y a autant de formes et d’aspects que l’amour peut en concevoir.
Autant dire que l’Esprit est illimité.
Il est souffle de vie et parole, il est langue de feu se posant sur les hommes, il est énergie et fécondateur, il est consolation et pardon.
 
"Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra. Si tu cries, il dira: me voici." (Is 58,9)
 
Voilà ce que Dieu me dit ces jours-ci: me voici, c’est moi. Je suis en toi.
 
Il faut que je te laisse grandir en moi pour grandir avec toi, il faut que tu grandisses et que je diminue.
 
Il y a dans mon coeur une zone entourée de hauts murs où la lumière n’a pas le droit d’entrer.
Dans ces ténèbres intérieures naissent tous mes non, mes refus, mes rejets, mes accès de parano, mes révoltes et mes colères.
C’est le pays du "moi je", moi d’abord: moi je sais mieux, moi je suis mieux.
 
C’est là que se cachent mes peurs et mes méfiances, mes égoïsmes et mes mesquineries.
C’est là que je refuse de donner ma vie, de la perdre pour la sauver. C’est là où je me cramponne à tous mes acquis, mes connaissances, mes tares et mes faiblesses.
C’est de là que je crie zut à Dieu, c’est là que se fomentent les mutineries internes, c’est là que les nuages s’amoncellent, que mon état d’esprit vire négatif, que ma conscience de la réalité s’altère, c’est là que surgissent fantasmes et préjugés, c’est là que les mensonges du trompeur trouvent un écho, que ses ruses font un tabac, c’est là qu’il a de bonnes et solides prises sur moi.
Quand il m’a bien monté le bourrichon, que la pression est à son comble, il ouvre avec ma complicité _ sur son conseil? _ les portes du zoo où tous mes démons tournent sur eux mêmes comme des fauves en cages, et une vague de colère, d’amertume, de regret, de découragement, de violence déferle dans mon âme, pollue et destabilise tout mon coeur, tout mon être.
C’est le raz-de-misère.
 
C’est aussi de ce triste zoo que vient l’idée que Dieu est trop compliqué, que le chemin est trop dur et la barre est trop haute, que je n’y arriverai pas.
 
Cette notion est omniprésente chez moi. Souvent je me dis, c’est sûr, j’y arriverai pas. Et hier je me dis, mais au fait, je n’arriverai pas à quoi? J’étais bien incapable de répondre de manière claire et précise à cette question.
La réalité c’est que je n’ai à arriver nulle part où je ne sois déjà, que mon salut n’est pas de mon fait, et que ce n’est pas en ces termes-là qu’il faut raisonner.
Mais cette petie phrase est bien commode pour me laisser aller au découragement."
 
Parfois quand je recopie ce témoignage de Claire, je tape mot à mot, j’ai peur de me tromper, je lis et relis chaque fragment de phrase. D’autres fois mes doigts courent sur le clavier un peu comme si ces mots sortaient de ma pensée. Comme si c’était déjà inscrit en moi, comme si c’était moi qui parlait… C’est le cas ce soir. Je crois que certains passages comme celui-ci doivent appartenir à tellement d’entre-nous. Malgré tout,  je me sens pourtant différente de Claire sur la fin de ce passage. Enfin… aujourd’hui. Parce que depuis quelque temps je sais que je ne peux rien sans Lui, que je n’arriverai nulle part sans Lui, et que mon courage c’est Lui.