Je continue

26 février 2010
"Mardi 28 Février.
Hier, journée prise de tête. Je n’ai toujours pas rempli ma déclaration d’impôt qui s’annonce kafkaïenne, et l’évangile du jour est le jeune homme riche qui n’entrera pas au royaume, le chameau, parce qu’il ne veut pas vendre tout ce qu’il possède. Merde, moi non plus je ne veux-peux pas vendre tout ce que je possède pour donner aux pauvres! Moi aussi, je suis le chameau qui restera à la porte du châs.
J’en ai marre de cette religion qui demande toujours plus que ce qu’on est prêt à donner, je voudrais pouvoir dire: je fais de mon mieux, j’essaie de vivre en honnête homme, de ne pas faire de tort à mon voisin, mais ne me demandez pas la lune.
Un Dieu à ma mesure.
 
Je me couche dans un état d’esprit très frondeur, et fais le bilan. OK, pour l’humilité, je me sens une sous-merde. OK, pour la patience, Dieu en a tellement avec moi que je peux bien en avoir un peu aussi.
Quand à la joie et l’espérance… soudain je me dis, bon, on va voir si tu es si fort que çà, Seigneur, j’ouvre la porte de mon coeur, à toi de jouer. Moi, le moins qu’on puisse dire, c’est que je ne suis ni dans la joie, ni dans l’espérance. Mais il paraît que tu es là. Alors, montre-moi ce que j’ai dans le ventre.
Eh bien, çà a marché. J’étais la première étonnée: mon humeur a subtilement changé, et dans la nuit je me suis retrouvée en train de penser à l’amour avec Dieu.
 
L’important n’est pas que je plonge sans cesse comme je le fais dans la marmite de l’affreux, c’est que j’en ressorte de plus en plus vite, en le traitant de tous les noms.
Il procède toujours par brouillage, balance des fumigènes et fait des écrans de fumée dès que çà se précise entre le Père et moi.
 
Dès que je me sens devenir mauvaise, comprendre qu’il est là en train de faire son sale boulot en moi,et me dire: que veut-il me cacher? Qu’essaye-t-il de m’empêcher de voir?
Qui vais-je choisir d’écouter?
 
Ce matin, je choisis le bien, et je vois l’évangile d’hier dans un autre éclairage, le "quitte tout" prend une autre dimension quand j’arrive à concevoir le rapport à Dieu comme un rapport amoureux. Il suffit d’entrer dans la logique de l’amour, plus précisement du désir, pour ne plus se snetir contraint ou forcé à quoi que ce soit.
Quand on est amoureux, on a besoin de moments d’intimité. Le tête-à-tête et le coeur-à-coeur sont une neccessité vitale au développement de l’amour.
 
Puisque tout t’appartient,
je ne possède rien.
Mais tout est à moi
puisque tu me donnes tout,
et tout ce que je reçois
me dépossède de moi-même."
 
Seigneur, j’ai ouvert la porte de mon coeur, à toi de jouer…
Tu me réclames toujours plus que je ne suis prête à donner, mais je fais de mon mieux.
Je t’offre "la lune"…
puisque tout t’appartient, je te donne tout… que ton Amour me dépossède de moi-même…
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L’arbre qui marchait sur la tête

22 février 2010
Tiens aujourd’hui les dates concordent… Je m’interdis en principe de relire avant de déposer ici les réflexions de Claire…  Pourtant j’ai laissé emporter mon regard dans le premier paragraphe… et je résiste au flot, je m’en arrache, car selon ce qui va suivre…
 Alors je prend une inspiration ici, pour expliquer pourquoi je risque de retenir mon souffle ensuite…
 
"Mercredi 22 février.
De nouveau je suis confrontée au fait que quand il y a une rupture dans mon rythme habituel, un contre-temps dans le rite de la journée, je me laisse entamer le moral.
Quand parviendrai-je à être dans la réalité, à croire en la présence constante de l’esprit de Dieu en moi? Plus qu’à le croire, le savoir, le vivre. La vivre, cette présence, la laisser vivre.
 
Laisser entrer, me laisser pénétrer par l’Esprit le plus profondément possible. Avoir le plus possible le coeur en forme de oui. Recevoir et en même temps, dans le même mouvement, accepter, faire mien, agir avec.
Recevoir les influx, les inspirations, le long chuchotement de l’Esprit, et le laisser vivre, grandir.
Toujours cette idée maîtresse de l’incontournable participation.
Etre avec, faire avec, accomplir, être à la fois dans l’abandon et dans l’accueil, dans l’écoute et dans le mouvement. C’est vraiment comme dans une danse, l’Esprit donne le tempo, marque le temps, moi je suis le mouvement mais c’est mon état d’esprit, et ma façon d’être avec, de suivre, d’accompagner en restant ce que je suis, en apportant ce que je suis, qui va donner à la danse sa véritable raison d’être.
Si je me laisse embarquer comme un sac de papates, le résultat ne sera pas terrible, on va tout le temps se marcher sur les pieds. Quand on regarde un couple de très bons danseurs évoluer sur une piste, on ne voit pas qui dirige, on voit deux personnes qui se déplacent dans un mouvement, dans un même élan, on est charmé par leur accord parfait, et c’est de cet accord parfait que naît la beauté et la grâce.
J’ai toujours cette impression idiote que je vais être mutilée de quelque chose si je me laisse convertir complètement, si je lâche prise. Dieu ne m’a pas "détachée" de lui et offert le libre arbitre pour ensuite vouloir m’ôter tout ce qui fait ma personnalité…
 
Le mystère de Dieu, c’est que je n’aurai jamais fini de découvrir, d’approcher, de comprendre. Parce qu’en fait, ce n’est pas tant sa façon d’agir que son essence même qui est mystérieuse. donc, plus je me rapproche de son essence, et comme cette nature est par nature mystérieuse, me voilà toute éberluée.
Plus Dieu se donne, et plus il échappe.
A quoi échappe-t-il, en fait? A notre intelligence humaine, à notre conception humaine.
A notre conception humaine du bien et du mal.
 
La volonté de Dieu n’est pas de se cacher mais d’être reconnu en moi."
 
Tant de ces réflexions me parlent… des conseils presque des réponses à puiser, à adapter … mais pardon, en ce temps de car-aime, si je ne partage pas.

21 février 2010
Après réflexion, non, je ne frapperai plus… de toute façon que la porte s’ouvre où pas çà ne m’appartient pas.

20 février 2010
"La souffrance d’autrui, même lorsqu’on connait la cause, est une porte verrouillée de l’intérieur contre laquelle on ne peut que frapper discrètement pour que l’autre sache qu’il n’est pas seul."
 Je frapperai encore et encore et encore… jusqu’à ce que, d’une façon ou d’une autre, la porte s’ouvre.

Claire…

17 février 2010
Trois billets aujourd’hui. Futilité, réflexion et don… Je ne pense pas que çà deviendra une habitude je vous rassure. 
 
"Mardi 21 février.
Ma faculté de pensée, mon esprit doivent se rapprocher de l’Esprit Saint.
J’unifie ma pensée, sans le désir de l’unir à l’Esprit.
 
Il y a l’idée de fiançailles, je suis dans le désir d’union, mais il faut que j’accepte l’abandon complet, il faut surtout que j’apprenne à ne plus avoir peur.
Oui, je n’ai vraiment plus le droit d’avoir peur, et chacune de mes peurs s’apparente aujourd’hui à une insulte aussi bien envers mon créateur que mon intelligence.
A chaque fois que je crains, que j’ai peur, que ce soit de l’autre, de ne pas comprendre, de ne pas me souvenir, de ne pas être capable, à chaque fois je régresse, je me trompe de voie, j’oublie la puissance de l’Esprit, je me mets en état d’infériorité par rapport à mes possibilités.
Entrer dans la conscience.
Entrer dans la conscience de la réalité."
 
"Il faut que j’accepte l’abandon complet, il faut surtout que j’apprenne à ne plus avoir peur"… c’est toujours là que j’achoppe. Vaincre mes propres résistances, affronter mes peurs, ne pas être paralysée face à ce qui me semble parfois innaccessible mais oser, faire, croire… et accepter de ne pas toujours y arriver. 
Entrer dans la "co-errance" de la réalité… avec conscience.

Les cendres

17 février 2010
Aujourd’hui, mercredi des cendres. Alors que je me prépare, que je cherche et réfléchis ce que vont être pour moi ces 40 jours de car-aime… Est-ce raisonnable d’imaginer encore un "clin Dieu"? Pourtant… Vouloir faire "mieux", "avec" ( ces mots sont en lien avec l’homélie de notre prêtre) çà va devenir "plus"  simple peut-être (même si ce mot est à proscrire, si je suis toujours la-dite homélie). Pourquoi? Ben, il est là le "clin Dieu". Alors que nous nous donnions la Paix du Christ, la dame qui était juste derrière moi me tire la manche: " Vous êtes bien Geneviève n’est-ce pas?" Etonnement… "oui?…" "Moi, je suis la soeur de l’abbé Saintoul." Petit dialogue très court. Rien de plus, si ce n’est l’échange alors d’un sourire qui en disait long… Elle s’appelle aussi Geneviève, la seule fois que je l’ai rencontrée je pleurais à chaudes larmes, au chevet de son défunt frère…  l’abbé Saintoul, sa photo est en bonne place dans mon "coin prière". Il fait parti de "mes" saints. Ceux qui sont disons mes "contempo-saints" ces "anonymes" dont la vie fut pour moi un témoignage. Penser à lui, à la simplicité avec laquelle il nous accueillait dans son bureau à n’importe quel moment, le souci qu’il avait de répondre à nos besoins, la persuasion qu’il mettait dans ses mots pour nous convaincre… Je me souviens notamment d’une discussion que nous avions eu un jour où nous travaillions sur un montage pour les enfants du caté. Il avait coupé, photocopié, adapté bref, donné déjà tant de temps que je finis par dire "Monsieur l’abbé c’est bien comme çà, vous savez le mieux est l’ennemi du bien" alors là, il s’est tourné vers moi d’un bloc "Ah, non!" et m’a prodigué un enseignement que je n’oublierai jamais, qui se résume peut-être par "plus tu viseras le sommet et plus haut tu arriveras"… Mais çà a duré… presqu’une heure tant il s’est voulu convaincant. Alors oui, pendant ce car-aime c’est non pas "plus" ni "moins" mais bel et bien "mieux" ( le mieux?) ,  et aussi "avec" puisque déjà ce cher Abbé Saintoul sera là…. Merci Geneviève… merci pour le "Clin"…Dieu.

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17 février 2010
Un film que je n’avais pas prémédité de voir. Un film qui ne correspond pas à ceux que je vais en principe voir. Mais un film… à voir!
Parce qu’en 3D avec les effets et l’étonnement que çà sous-entend, parce qu’une imagination fantastique, parce qu’une symbolique qui touchera tous ceux qui aiment leur planète, tous ceux qui croient en… ce qu’ils croient.
Bref, il y avait longtemps que je n’étais pas allée au cinéma, j’aurais plutôt choisi d’aller voir "Oscar et la Dame rose" mais celui-ci je l’ai raté; alors je ne regrette pas ce "divertissement" qui est arrivé à point nommé pour nous qui en avons grand besoin en ce moment… et qui a su nous interpeler et nous rappeler que tout ce qui nous entoure et nous fait vivre (que ce soit matériel ou spirituel) est primordial. Que nous devons préserver ce et ceux qu’on aime.  
Donc si vous avez du temps libre, un cinéma pas loin… dépaysement et réflexion assurés.