Un petit bout de Claire

31 janvier 2010
"Jeudi 9 Février.
L’homme vivant est la gloire de Dieu.
Dans le mot gloire, qui est resté longtemps hérmétique pour moi – je ne peux m’empêcher d’entendre sonner les trompettes – je perçois à présent joie et vie.
 
L’homme créé à l’image de Dieu ne peut être comparé à un instrument ou un outil. Aussi performant soit-il, un instrument ne sera jamais vivant. Or cette notion de vie est d’une primordialité vertigineuse.
L’outil n’a aucune indépendance, il est utilisé par son propriétaire pour parvenir à ses fins.
Justement nous sommes tout le contraire: indépendants,dotés d’un total libre-arbitre, il ne viendrait jamais à l’idée de celui qui peut tout de nous utiliser.
 
Je cherche un terme qui colle avec pensée, pour la définir par rapport à Dieu.
Ma pensée est la manifestation concrète de la pensée divine. C’est une pensée écho, de la même façon que je suis une image miroir.
Dieu émet, je reçois, je capte, et je renvoie.
Il est intéressant de noter que tous les régimes dictatoriaux, les sectes et la télé, s’attaquent directement à la faculté de penser. Devant la télé c’est clair on s’abrutit l’esprit. On entre dans une espèce de sommeil immobile, on ne bouge plus, on perd toute créativité.
Et tout ce qui porte atteinte à ma faculté de penser me sépare un peu plus de Dieu, qui est avant tout création et mouvement."
 
La phrase qui me parle le plus dans cet extrait: "Dieu émet, je reçois, je capte, je renvoie". Elle résume si bien ce que je crois, ce que je veux. L’action de départ, l’origine de tout ce qui me met en mouvement: Dieu. Puis vient ma participation active et volontaire: je reçois. Recevoir c’est un acte neutre de ma part, j’ouvre les mains, je ne sais pas ce qui va être déposé dedans tout de suite. Puis: je capte. Je déchiffre ce que je dois faire, ce que je peux faire, ce que je veux bien faire. Et enfin: je renvoie. Ce qui a été déposé dans mes mains, en moi, je le partage, je le distribue et surtout je n’oublie pas d’en renvoyer les fruits à Celui qui as généré ce que j’ai su faire. Je rend-voie, je rends grâce à Dieu: L’homme vivant est la gloire de Dieu. Et la boucle est bouclée…
Cette réflexion je vous la dédie Geneviève. Je suis très touchée par ce que vous m’avez dit dans votre précédent commentaire…
 

F comme…. fatiguée?

28 janvier 2010
Encore un clin Dieu ce soir… Cette P… de F… qui me terrasse littéralement depuis deux jours. Cette boite de "cachet-poison", prescrite cet après-midi par mon toubib, que j’ai prise et rejetée et ramassée encore , et reposée et toisée pendant une heure avant de succomber parce que trop mal. Maintenant l’angoisse de ses répercutions sur mon corps. Besoin de me calmer, de m’apaiser… ET je trouve votre petit mot Geneviève. Franchement, vous trouvez pas qu’Il exagère parfois? Déjà …"Geneviève". Qu’elles sont les probabilités pour que vous arriviez vous sur mon blog? Des "Geneviève" j’en ai croisé une seule dans ma vie… Et ce soir, justement ce soir, je trouve votre commentaires… Et je recherche ce billet oublié déposé il y a longtemps… Et il me fait du bien. Vous direz donc à votre amie que moi aussi j’ai des bas, tout autant que des hauts. Mais qu’on va pas se laisser EMM… la vie par cette intruse dont je ne prononcerais pas le nom encore ce soir, c’est lui faire trop d’honneur!! Je me sens presque mieux. Tu dis quoi grand’soeur? Dans le tiroir du dessus? J’aurais presque tendance à vouloir y croire ce soir….

De beaux mots…

25 janvier 2010

J’ai reçu pour Noël de Caroline et Pierre-Yves un coffret de CD de Serge Reggiani. J’étais super contente parce que j’ appréciais certaines de ses chansons. D’autres, je les découvre. Et celle-ci… elle m’a tirée des larmes et je n’écoute plus qu’elle depuis deux jours! Elle est tellement… je trouve même pas le mot juste. Je vous l’offre. Elle est encore plus belle à lire… Merci encore Caroline et Pierre-Yves pour ce cadeau hors de prix. Je vous aime.

Il Faut Vivre    

Il faut vivre, l’azur au-dessus comme un glaive
Prêt à trancher le fil qui nous retient debout
Il faut vivre partout, dans la boue et le rêve
En aimant à la fois et le rêve et la boue
Il faut se dépêcher d’adorer ce qui passe
Un film à la télé, un regard dans la cour
Un cœur fragile et nu sous une carapace
Une allure de fille éphémère qui court
Je veux la chair joyeuse et qui lit tous les livres
Du poète au polar, de la Bible à Vermot
M’endormir presque à jeun et me réveiller ivre
Avoir le premier geste et pas le dernier mot
Étouffer d’émotion, de désir, de musique
Écouter le silence où Mozart, chante encore
Avoir une mémoire hypocrite, amnésique
Réfractaire aux regrets, indulgente aux remords

Il faut vivre, il faut peindre avec ou sans palette
Et sculpter dans le marbre effrayant du destin
Les ailes mortes du Moulin de la Galette
La robe de mariée où s’endort la putain

Il faut voir Dieu descendre une ruelle morne
En sifflotant un air de rancune et d’espoir
Et le diable rêver, en aiguisant ses cornes
Que la lumière prend sa source dans le noir
Football, amour, alcool, gloire, frissons, tendresse
Je prends tout pêle-mêle et je suis bien partout
Au milieu des dockers dont l’amarre est l’adresse
Dans la fête tzigane et le rire bantou
On n’a jamais le temps, le temps nous a, il traîne
Comme un fleuve de plaine aux méandres moqueurs
Mais on y trouve un lit et des chants de sirènes
Et un songe accroché au pas du remorqueur
Jamais ce qui éteint, jamais ce qui dégoûte
Toujours, toujours, toujours, ce qui fait avancer
Il faut boire ses jours, un à un, goutte à goutte
Et ne trouver de l’or que pour le dépenser
Qu’on s’appelle Suzanne, Henri, Serge ou que sais-je
Quidam évanescent, anonyme, paumé
Il faut croire au soleil en adorant la neige
Et chercher le plus-que-parfait du verbe aimer

Il faut vivre d’amour, d’amitié, de défaites
Donner à perte d’âme, éclater de passion
Pour que l’on puisse écrire à la fin de la fête
Quelque chose a changé pendant que nous passions.


Coup de Gueule

20 janvier 2010
Oui, un coup de gueule. Il y a longtemps que je n’en avais pas poussé… mais là! Ras le bol du voyeurisme malsain sous prétexte d’information. Messieurs, mesdames les journalistes, les commentateurs et autres caméramen et preneurs de sons posez donc vos micros, vos stylos, vos caméras… et par pitié, relevez-vos manches, vous qui avez la "chance" d’être sur place à Haïti! Vos images nous bouleversent, nous crèvent le coeur mais nous laissent impuissants devant tant de souffrances. Alors par pitié au lieu d’être nos yeux sachez aussi être nos mains et nos coeurs!!

16 janvier 2010
"Mercredi 8 février.
Ouvrir le coeur et garder le coeur ouvert.
Il faut prendre l’autre  – son frère –  comme il est, et l’aimer comme il est.
Et moi aussi, me prendre comme je suis et m’aimer comme je suis.
 
Ca me semble brusquement d’une parfaite évidence! L’autre est ce qu’il est, et moi pareil itou.
Inutile de perdre son temps, de gaspiller son énergie à vouloir perfectibler tout cela.
Lui et moi, on est pareils dans ce sens qu’on est de foutus pécheurs. Et pourtant, Dieu nous aime comme on est. Cesser d’être plus exigeant que Dieu!
 
Je travaille aussi sur cette façon qu’ont les idées de s’enchainer dans ma tête, sans cesse, et sur les pensées vagabondes. Je sens confusément que ma façon de les combattre, d’essayer de les maitriser, les diriger, les supprimer, cet effort que je fais pour passer outre, diriger de force mon esprit vers autre chose ne sont pas justes.
Cet aprèm, je pense: entrer dedans, aller au fond de l’idée, ouvrir la porte.
L’idée est que dans l’idée, dans l’énergie de la pensée, il y a un noyau qui s’ouvre sur la pensée divine.
 
Plus j’avance immobile, plus je crois qu’on peut effectivement être toujours reliée, même en faisant son marché, en bouquinant un magazine."
 
Je suis moi-même persuadée que plus je me force à "vouloir chasser le naturel, et plus il revient au galop"… Que ce n’est pas quand je veux forcer mon esprit au dialogue que je ne monologue pas… Je me sens moi-même reliée "en continu" quoi que je fasse. Je crois très fort que les quelques paroles qui me viennent au coeur quand je fais ma vaisselle, quand je tape sur mon clavier, quand je roule en voiture, parfois même au beau milieu d’un film pourtant passionnant, oui ce sont ces mots là que je ressens parfois comme les plus "vrais", habités, entendus.

14 janvier 2010

Encore une tranche…

14 janvier 2010
"Lundi 6 février.
Je continue de turbiner à fond sur l’idée de la vie, la primordialité de la vie, l’urgence de comprendre ce qu’est vraiment la vie, et d’en vivre.
 
Dieu vivant en moi, la vie est en moi, ce n’est pas ma carcasse qui génère la vie, c’est la vie qui a mis la chair en mouvement, qui seconde après seconde, par le souffle de l’esprit et l’amour de Dieu, me maintient en état de vie, pour que je comprenne que cette vie d’ici bas ne s’arrêtera pas avec la mort, que la vie en moi est éternelle, bon-sang–mais-c’est-bien-sûr, la vie ne peut pas s’arrêter, elle est intrinsèquement et essentiellement infinie, définitive et illimitée, une fois la vie donnée c’est pour toujours.
 
Je suis de nouveau dans la situation d’Adam et Eve, j’ai de nouveau accès à l’arbre de vie, même s’il ressemble plus à une graine de moutarde atrophiée qu’à une plante magnifique.
Mais j’ai le temps, tout le temps.
Je sais maintenant que la victoire est inéluctable, puisqu’elle a déjà été remportée.
 
Je suis la vie incarnée."
 
Courte réflexion aujourd’hui. Mais dense…Je m’arrête plus particulièrement sur cette dernière phrase: je suis la vie incarnée. C’est vrai qu’on est habitué à dire, entendre, comprendre comme on peut l’incarnation de Dieu en son Fils Jésus. Mais se sentir incarné… c’est fort.