conversion

26 octobre 2009
"Jeudi 26 janvier.
Si çà se trouve, on doit tous passer à un moment ou à un autre par la case: athéisme, absence de foi.
Qu’on démarre par là, comme moi, avant de se convertir, ou qu’on traverse une nuit obscure qui casse en deux la foi, qui brise ses certitudes, je crois vraiment que çà peut aider d’en passer par là: ne croire en rien, pour mieux croire ensuite. Et ce, parce qu’on est trop enclin à forger ses propres concepts, à se bricoler sa propre image de Dieu.
Il faut le laisser casser ce qu’on avait bâti de travers. Qu’il s’agisse, comme pour les convertis, d’un univers de paganisme, sans foi ni croyance, basé sur la gloire de l’homme, ou de sa vision propre et personnelle de Dieu.
Au début, par nature, on est enclin à faire par nous-mêmes. On est sûrs qu’on a une juste vision des choses et on se lance avec aplomb dans la mauvaise direction.
Dieu est comme ci Dieu est comme çà, Dieu veut ci Dieu veut çà, Dieu aime ci, Dieu n’aime pas çà…
Dieu nous laisse d’abord aller au bout de notre logique et de nos certitudes. Il nous laisse construire ce petit univers aberrant où, partant du prétexte de le mettre au centre de nos vies, on finit doucement par s’y mettre nous.
Un jour, il faut bien que tout soit flanqué par terre. Alors, et alors seulement, on peut laisser le Père nous éclairer la bonne route.
Il n’ordonne pas, il n’envoie pas ses anges-gendarmes faire régner l’ordre, il éclaire le bon chemin, il m’inspire, m’incite à aller par là.
Quelque part dans ma tête d’idiote, je suis convaincue d’agir pour lui: pour lui faire plaisir, le satisfaire, être bien vue bien notée.
Je me dis que j’agis par obéissance.
Et je me fous dedans complètement, une fois de plus.
Je n’agis jamais pour lui, mais pour nous.
Dieu n’est pas spécialement attiré par le monologue. Il préfère le dialogue. L’osmose, la complémentarité,la synergie.
Quel serait pour lui l’intérêt de répéter depuis des milliers d’années exactement la même chose, avec les mêmes mots et dans les mêmes termes, à des enfants muets?
 
AvecDieu, j’ai toujours mon mot à dire. Et je ne m’en prive pas!
Venez et discutons dit le Seigneur…
Même si, je le sais bien, je parle trop et j’écoute pas assez, je crois que c’est encore mieux que d’être totalement passive et somnolente. Bien sûr,quelque part, je le suis et il faut l’être, passive. Et en même temps, il faut que je participe.
 
Alleyoupitralala, avec Dieu c’est comme ça que çà se passe, parce que c’est lui parce que c’est moi.
 
Vraiment Seigneur, je t’adore d’être si spécial, si différent, et si proche à la fois.
Avec toi je ne m’ennuie jamais, je dois réinventer ma vie au fur et à mesure que je la vis,je suis toujurs sur le qui-vive.
Tu m’apprends à danser la valse de l’amour infini et je me retrouve en train de virevolter dans tes bras alors que je ne savais même pas que j’étais capable de marcher droit.
Seigneur, depuis la minute de ma conversion, il n’y a pas un jour que je regrette d’avoir vécu en ta compagnie, même si, sur le coup parfois, c’était vachté dur et que je râlais.
Me voilà en train de t’écrire des mots d’amour sur mon ordinateur gris, je suis sûre que tu les lis avant même qu’ils soient écrits.
 
Seigneur, j’ai besoin de milliers de choses, mais par dessus tout de t’aimer et d’être aimée de toi. 
Aide-moi à cesser de te sentir étranger, aide-moi à nous sentir de plus en plus proches et unis.
Aide-moi à toujours t’aimer tant et plus fort encore.
Inscrit dans mon coeur ce que je refuse de considérer comme ta loi,ou tes commandements, mais que j’espère cris d’amour pour moi, encouragements à te rejoindre, manifestation de ta tendresse inquiète pour moi.
 
" Que rien ne t’empêche de venir à moi…"
Ce n’est pas un commandement ni un ordre, mais un désir si intense que ma réponse ne peut être que: " bouge pas, j’arrive!"
 
Renforce la brebis nouvelle qui émerge en moi.
Aide-moi à dépasser cette crainte du jeudi soir, cette envie sournoise de te planter au milieu de ton jardin des oliviers."
 
Retranscrire ce passage ce soir à une saveur particulière. J’ai été accompagnée. Mon livre, mes doigts… n’était pas seuls à agir. Une présence. Double présence. Humaine, divine. Joris, Dieu. J’ai l’habitude de reconnaitre des "clin Dieu" souvent. Même si parfois je suis bien consciente que peut-être c’est moi qui ressens certains détails, certaines atmosphères… comme "habités". Et j’aime çà donc j’ai pas du tout envie d’essayer de m’en passer. Alors ce soir ce fut bon de répondre à la demande ici de ceux qui ne possède pas ce livre, de répondre à la demande de témoignage sur ma conversion de mon "sale gosse" et d’entendre le Seigneur me dire "la parole il n’y a que çà de vrai…" même si c’est plus facile parfois de te dire par écrit: "Seigneur, depuis la minute de ma conversion, il n’y a pas un jour que je regrette d’avoir vécu en ta compagnie, même si, sur le coup parfois, c’était vachté dur et que je râlais…. Aide-moi à toujours t’aimer tant et plus fort encore."  .  
 
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J’aime

17 octobre 2009
Pour moi, il en est des chants et de ceux qui les ont portées comme en littérature, les plus beaux  deviennent des classiques que l’ont retrouvent avec plaisirs quand on ouvre notre bibliothèque ou discothèque. Quelle chance, grâce à certains sites (You tube ici, mais aussi daily motion entre autres) de pouvoir puiser encore davantage dans ceux qui sont pour nous des chefs-d’œuvre! Cette chanson que certains trouveront morne et désuète je la trouve tout simplement belle. Son interprète est si loin en plus de celles qui aujourd’hui sont classifiés "chanteuses"… une voix tout simplement belle aussi. C’est mon goût bien sûr et çà n’engage que moi.


 


Nous abordons enfin le chapitre 3: Le parvis de Notre-Dame

15 octobre 2009
"Lundi 23 janvier.
Je sens une évolution se faire en moi, je sens quelque chose pousser, que je n’arrive pas bien à définir. Çà a trait à ma façon de vivre ma vie, à mon propre ressenti de ma propre vie.

Cette nuit, je me disais: je me détache de ma vie d’ici, pleine de bruit, d’agitation de problèmes, de mouvements d’humeurs, de courses à faire, de riz à cuire, de cœur à attendrir, à ouvrir, je regarde cela de plus haut.
Je suis sur le parvis de Notre-Dame, je suis à l’orée de ma maison de Dieu.

Ce matin une fois bien réveillée, je ne comprends plus ce que je voulais dire, ce que signifiais cette pensée.
Le parvis de Notre-Dame…
Et j’ouvre le Magnificat: le psaume du jour c’est le 83.
Mon âme s’épuise à désirer les parvis du Seigneur…
J’ai choisi de me tenir sur le seuil
dans la maison de mon Dieu.
Bon sang, c’est exactement l’idée de cette nuit! Moins chez moi, plus chez Lui.
Mais comment fait-on pour vivre moins chez soi plus chez l’autre?
Encore une idée au dessus de mes capacités.
Une barre trop haut.
Et en même temps, ne pas me décourager, attendre patiemment que je sois capable d’atteindre cette barre.
Cessez d’être toujours aussi anxieuse à l’idée… comment dire? Que tout ce que je suis en train de vivre est éphémère, que ce que je suis en train de comprendre va s’échapper de mes mains d’une seconde à l’autre et disparaitre dans le grand extérieur, perdu à jamais.
Je me dis pour la première fois: je travaille pour l’éternité, c’est mon éternité que je prépare, donc j’ai le temps, j’ai le temps! C’est vrai, il y a des moments j’ose même plus respirer, tellement j’ai peur de la fragilité de mon inspiration. Comme si Dieu était une personne capricieuse, qui allait d’un coup se dire, non, elle est vraiment trop bête celle-là, je vais aller en inspirer une autre.
Toujours cette peur de voir s’échapper ce qui me fait vivre, ce que j’aime.
J’ai peur du bonheur, l’idée qu’il est proche de moi m’angoisse terriblement. Immédiatement l’idée de l’échec arrive, je suis sûre que je vais rater le coche, et faire fuir le bonheur dans le pré voisin.

Il me semble aussi qu’il me faut connecter enfin mon cœur et mon intelligence. Que je ne pourrai pas m’unir à Dieu en conscience et en vérité tant qu’il y aura ce décalage, ce schisme entre mon cœur et mon intelligence.
Je me sens éparpillée.
Réconcilier les deux.
Faire l’unité en moi, afin d’aller vers l’UN.
Enracinée solidement dans mon cœur, ancrée dans mon cœur, je peux faire preuve de sagesse et de discernement, je suis plus forte que la mort.
Je peux me laisser aimer.
Sur le seuil de la maison de Dieu, je me reconstitue, me réconcilie.
Tout reste là: mes pensées parasites, mes obligations, occupations, doutes et inquiétudes, mais je ne les vis plus de la même façon. Ils ne peuvent plus me démolir, car ma maison est ancrée dans le roc.
Je reste moi-même tout en… non, je deviens moi-même, je deviens vraiment moi-même.
Réconciliée, je marche enfin dans mes pompes, je suis capable d’aimer et de me laisser aimer.
La joie peut renaître, les blessures guérir, la paix s’installer.
Je deviens stable et forte. De la stabilité et de la force du Christ.
Unifier, réunir celle qui sait, écrit, formule, développe, raisonne, réfléchit, et celle qui ressent, écoute, prie, médite.
C’est vraiment l’idée de Marie qui garde tout en son cœur et médite ce qu’elle vit.

Je sens en ce moment un tel décalage entre ce que j’écris – l’amour du Christ pour moi, tout ce qu’il m’apporte – et ce que je vis le matin – silence et battement de cœur – tout devient abstrait, le texte écrit la veille me parait de la pure science fiction.

Je n’arrive pas à faire coïncider le nom du Christ avec ce que je ressens. C’est peut-être de là qu’est née l’idée du seuil: je n’arrive pas à entrer, je reste dehors, sur le parvis, à jouer de l’ukulélé en attendant de trouver la clé.
Espérant que la proximité de la présence de Dieu – juste derrière la porte – agisse sur mon cœur et l’attire insensiblement à lui.
C’est peut-être la rupture que je sens en moi, le barrage sur la ligne cœur-intelligence qui m’empêche d’entrer dans l’union.
L’intelligence doit bloquer le cœur, elle atteint son seuil limite de compétence mais elle refuse de lâcher prise.
L’ouverture du cœur n’est pas de son ressort, ce n’est pas elle qui peut commander ou contrôler le processus. Mais pour lui faire lâcher prise, bernique, elle veut pas.
Et le cœur ne peut pas forcer l’intelligence à céder.
Je suis mal barrée!
Comment ouvrir le cœur plus encore, l’élargir assez pour y recevoir le Christ, si mon intelligence occupe le terrain, fait un sit-in, des interférences et de l’obstruction?"

Qu’est-ce que je disais? Vous voyez la "tartine" quand Claire se débat? Seigneur! On en fait tous des "tartines"… Je me souviens la toute première fois que j’ai lu ce passage comme ses réflexions m’étaient familières, vécues, c’était moi! J’en suis pas si loin parfois encore aujourd’hui… Sauf que moi je ne me sens pas "sur le parvis" mais enfermée à double tour dans mon "intérieur". Et Lui, il attend patiemment sur le parvis, assis tranquillement. Il n’entrera pas de force. Non. Il attend. Il attend souvent, longtemps. Mais il est là et çà… quand on en a conscience c’est rudement bon. 

 


Chapitre II page 97. Nous avons dépassé le milieu du livre depuis 3 pages seulement…

11 octobre 2009
"Samedi 21 janvier.
Guidée par ton Esprit, portée par ton Fils, aspirée par ton Amour, je te rejoins en vérité.

Je prends conscience que ma foi et mon amour sont encore trop impulsifs, instables, liés à l’émotionnel, soumis à de grandes fluctuations, le fameux phénomène montagnes russes.
Être sûre de son amour c’est être invulnérable, pacifiée, rassurée. Tout ce qui me manque tant.

Entrer le plus rapidement et le plus profondément possible dans la véritable dimension de l’amour, qui, quand il rime avec toujours, rend plus fort que la mort.

Je crois que Claire en dessinant a encore repris ce qu’elle ressentait. Comme l’arbre qui tourne ses racines vers le ciel, elle a donné un effet miroir de ce petit cœur dans un bien plus gros… amour, Amour toujours. Invulnérable, "a-paix-sant", rassurant. Ce qu’elle a découvert et qui sans doute ne lui manque plus. Avez-vous remarqué que ce sont ces jours là qui lui demandent le moins de réflexion? Quand elle se révolte elle écrit des pages et des pages, quand elle "abandonne" c’est comme si tout était dit. Çà l’est en fait.

Beau

9 octobre 2009
Dormir… Tout un art que je ne possède pas pour le moment. Alors mes nuits sont meublées d’ordi, de sudoku, de mots croisés, de lecture et, quand je ne peux même plus me résoudre à monter les marches qui me séparent de mon lit, de canapé du salon et de télévision. Se succèdent alors films… reportages… séries. Pas toujours très enrichissants sauf quand parfois se glissent dans un dialogue des phrases comme celle-ci "cueillie" dans un épisode de "Cordier juge et flic" la nuit dernière:
" La vraie beauté se cache dans le vide, là où notre esprit se perd".
Allons, tout n’est donc pas stérile dans ces interminables heures.

J’aime pas ce passage!

2 octobre 2009
"Jeudi 19 janvier.
Il y a toujours cette porte fermée en moi, ce déclic qui ne s’est pas fait. Je n’entre pas dans la volonté de Dieu.
Seigneur aide-moi à trouver ma source en toi.

Rêve lié à la sexualité. En me réveillant, cette idée: c’est là qu’est le nœud, le blocage énergétique. J’ai bloqué mon énergie au niveau du sexe.
Je repense à toute ces années où je me suis battue contre mes désirs, entre dix-onze ans et dix huit ans. L’éveil de la séxualité, qui s’est si mal passé; ce refus du désir, cette impression d’être habitée par une puissance étrangère et hostile, ces sentiments tous plus négatifs les uns que les autres: honte, mépris, culpabilité, peur.
Oui, je pense que j’ai très mal vécu de sentir s’éveiller en moi, de façon que je trouvais aigüe et exigeante, obsédante, cette force bestiale. Il me semblait que j’étais la proie de la bête, et je lui ai cédé avec de plus en plus de répugnance, jusqu’à ce que j’ai enfin réussi à éteindre l’incendie, c’est à dire à me couper de tous mes désirs sexuels, au point de ne plus jamais ensuite être capable d’en ressentir pour autrui, et de passer ma vie dans une frigidité pas très épanouissante.

Et l’énergie que j’ai refusé de laisser s’exprimer s’est retournée contre moi, et j’ai commencé à me détruire par là où je ne pouvais accepter d’être "heureuse". Tout le bas-ventre est atteint, c’est là que mes énergies sont bloquées.
En fait, j’ai une extra-ordinaire énergie, si j’arrivais à envoyer – ou à laisser passer – l’ordre de libération, ma vie serait complètement transformée.
Il faut que j’arrive à dénouer le noeud, à cesser de craindre mes désirs. Que je me débarrasse de cette idée qu’il y a un monstre tapi en moi, prêt à prendre le pouvoir pour me transformer en obsédée sexuelle.
Il faut que j’arrive à me réconcilier avec moi-même, à m’unifier, au lieu d’être en permanence le théâtre d’affrontements plus ou moins sournois, larvés, inconscients, que je prenne possession de moi-même, que je sois intégralement et complètement moi-même.

Assise au soleil sur un banc de pierre, face à la vue, je me dis qu’en fait on a tous le désir d’aimer inscrit très profondément au fond de nous. Mais il y a aussi la tentation de refuser cet amour.
Plus le désir d’aimer est grand, plus les obstacles entre l’amour et moi sont importants.
Cela, je le sens bien.
Je sens maintenant de façon presque palpable le désir d’aimer Dieu, moi-même et les autres. Et je vois de plus en plus clairement les barrières qui se dressent dans mon âme pour m’empêcher d’aimer en paix.
Les barrières entre ma volonté d’aimer Dieu sont plus hautes que la tour de Babel avant sa chute, juste après il y a celles m’empêchant de me réconcilier avec moi-même pour parvenir à l’unité, et ensuite tous les murs et murets que je mets entre les autres et moi.
La force de ma résistance m’indique avec une grande justesse la puissance de l’amour qui attend en moi de pouvoir s’exprimer.

Confiance dans le travail de l’Esprit. Le désir d’amour doit être plus fort au fond que toutes mes petites manoeuvres pour l’étouffer, que toutes mes ruses lamentables et mes plans à la noix de coco. Et ce pour une raison simple et im-pa-ra-ble: parce que ce désir d’aimer a été mis dans mon coeur par mon créateur, et que en moi son esprit sans cesse me pousse à le laisser s’épanouir.
Parce que quand j’aime, je suis dans la volonté du Père, et quand je fais de l’obstruction, de la rétention d’amour, je suis sous l’emprise de la chair, des forces obscures qui m’habitent… et dont le Christ m’a délivrée."

Que rajouter… mon petit grain de sel du jour… alors je dirais… quoi… pfftt… pas très inspirée je dois avouer, mais bon disons simplement que je me sens très loin et très proche à la fois de Claire ce soir. Proche si je me place sur le versant spirituel, loin si je considère le côté "charnel"…