On continue

"Ce matin, je me réveille avec cette idée dans la tête: je ne m’appartiens plus.
C’est du solidement planté, du vissé dans le crâne. Il n’y a aucun mouvement de révolte, ou de contestation. Ce serait plutôt de l’ordre de la constatation.
– Tiens, c’est vrai, je ne m’appartiens plus.
"Seigneur, je ne m’appartiens plus, je m’abandonne entre tes mains; tiens-moi bien, ne me laisse pas tomber, je suis si fragile…

Seigneur, prends soin de moi, puisque je suis à toi.
tu es responsable de moi, en me mettant au monde tu t’es engagé à faire mon bonheur et mon salut.
Je t’en prie aide-moi à devenir chaque jour un peu plus consciente de ton amour, de ton désir de me voir heureuse.
Tout à coup, il me semble — c’est une idée pas très assurée, presque furtive — que la foi est une voie d’accès, un chemin qui va du Père à moi; c’est par ma foi qu’il agit, c’est sur ma foi qu’il s’appuie pour me convertir. Ma foi serait ce qui rend les choses possibles entre le Père et moi.
Plus ma foi est grande, plus le travail est efficace.
Donc, une fois de plus: laisser ma foi se développer sans entrave.

Ton amour Seigneur, est plus fort que mes blessures,
ta paix, plus profonde que mes agitations,
ta joie plus puissante que tous mes désespoirs,
ta patience plus constante que mes hésitations,
ta volonté plus séduisante que mes doutes,
ta vérité plus merveilleuse que mes mensonges.

Et me voilà repartie dans la Genèse, création de l’homme et de la femme. Au début, l’homme et la femme ne sont qu’une seule chair, ils sont tous les deux "Adam-le-Glaiseux".
Première séparation: Dieu crée.
Ensuite, Ève est tirée d’Adam, "pour le coup", s’écrie celui-ci, "c’est la chair de ma chair!"
Deuxième séparation: Adam et Ève sont deux. Avec Dieu, çà fait trois. Cinq en comptant bien.
Et çà ne s’arrête pas là. Après, il y a Caïn et Abel. Cahin et caha. Comme les deux visages de l’humanité, les deux forces qui sont en nous. Le bien et le mal.
Dieu aime le bon Abel, mais il aime aussi l’orgueilleux Caïn, qui tire la tronche parce que son frère est le chouchou. Dieu le prévient: attention Caïn, tu es sur une mauvaise pente! "Le péché n’est-il pas à ta porte, comme une bête qui te convoite?"
Reprends-toi?"
Toujours la vigilance de Dieu, son désir de sauver l’homme.
– Attention Caïn! Tu vas droit dans les embêtements!
Caïn n’écoute pas. Il est devenu sourd comme un jaloux, et entraine Abel dehors pour l’égorger.

En moi, le mal cherche à tuer le bien. Les deux ne peuvent pas cohabiter, le mal ne supporte pas la cohabitation avec le bien. La vocation du mal est de détruire, et sa cible numéro un  est son opposé contraire le bien.
Il faut que l’un d’eux l’emporte. Dur, alors que le bien est doux, calculateur alors que le bien est confiant, agressif alors que le bien est désarmé, puissant alors que le bien semble si faible, le mal a la partie belle, et apparemment il gagne à tous les coups.

Je relie tout cela à l’arbre de la connaissance du bien et du mal, planté à côté de l’arbre de vie."

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