Allez… on retrouve Claire

29 septembre 2009
"Mardi 17 janvier.
Quitter le monde des émotions pour entrer dans le monde de l’intuition.

Moi la miso en chef qui vis entourée de copains, qui n’ai pas une seule amie d’enfance, de lycée, de fac, me voilà, une fois de plus par le fait de Dieu, dans la prise de conscience que je suis une femme, et qu’il est temps pour moi de cesser de dire: elles, les femmes  (sous-entendu les bonnes femmes), mais de passer à: nous les femmes.

Nous les femmes, créées parce que Adam ne pouvait vivre sans nous.
Nous les femmes sans qui la vie ne se transmettrait pas.
Nous les femmes, autant moitiés de l’homme qu’ils sont moitiés de nous, appelées à être un jour réintégrées à nos moitiés pour ne former qu’un seul corps.

Nous les femmes, dont le rôle est peut-être plus discret, moins voyant, plus subtil que celui des hommes, mais sans lesquelles rien ne serait.

Quand Marie, aux noces de Cana, dit: "faites ce qu’il vous dira de faire", elle lance le mouvement.
On n’est pas celle qui fait, mais celle qui dit de faire.
L’homme trouve sa place dans notre parole.
Nous sommes le moteur, ce qui pousse l’homme à faire, à avancer.
Et Marie ne parle pas seulement aux hommes, elle parle à Dieu. Ils n’ont plus de vin…
"Que me veux-tu, femme? Mon heure n’est pas encore arrivée."
La réaction pour le moins cavalière de son fils ne la dérange pas un caramel. Se confond-elle en excuse, se dit-elle qu’elle a été trop loin? Non, elle persiste et signe en se tournant vers les hommes: faites ce qu’il vous dira de faire.
Elle ne prend pas la place de son Fils, elle n’usurpe pas son autorité. Mais elle le place en face de ses responsabilités.
Les hommes vont faire ce que Lui dira de faire.
Elle lance les deux énergies, les deux "faire" celui des hommes, celui du Fils.
FAITES.
C’est Marie qui a décidé à quel moment le Christ doit faire son premier signe. C’est quand même une idée incroyable, non? Le Christ attend son heure et elle lui dit: n’attends plus, ton heure est venue, montre aux hommes qui tu es.
De la même façon que dans le Temple, quelques 18 ans plus tôt, elle lui avait dit, par son inquiétude, que ce n’était pas le moment, cette fois elle met le feu aux poudres. Et le Fils obtempère.
Comment le sait-elle? Comment sait-elle que c’était trop tôt au Temple, et juste bien à Cana?"

Marie… silencieuse mais déterminée. Marie… soumise mais volontaire. Marie… agissante et priante.
Me revient, après avoir tapé ce passage, l’envie de retrouver Marie telle que l’a imaginée Marek Halter dans son ouvrage, cette Marie qui m’avait dérangée, déconcertée, mais contre toute attente séduite.
Une Marie si différente de celle que l’on a l’habitude de concevoir. Je la retrouve un peu dans cette réflexion de Claire. Je vais relire ce livre!
 


dédié à celle qui a l’habitude de m’entendre lui rabâcher: la vie est belle!!

20 septembre 2009

« L’arbre qui marchait sur la tête » Alez, allez, on avance! :-))

20 septembre 2009
"Vendredi 13 janvier.
Cette nuit, j’étais dans cette idée: la source originelle c’est l’amour de Dieu en moi.
Cela, je l’ai découvert il y a juste un an. C’était mon cadeau de premier anniversaire de convertie: en moi est la pensée de Dieu, et je peux la rejoindre.

Je mêlais à cette idée celle du recyclage indispensable de mon moi déformé, alourdi, blessé par le péché.
Et j’arrivais à la conclusion qu’au fond de mon cœur brûlait le Buisson Ardent, que ce buisson symbolisait la Trinité en flamme, et que c’était là que je devais me tenir pour être fondue et refondue jusqu’à ce que purification et sanctification s’en suivent.
Au pied du buisson démarre la source. Mon moi justifié, recréé, coulera dans et par la source vers les autres.

Devenue enfin ce que je suis: capacité d’aimer, temple de l’Esprit, paix, confiance et espérance, je pourrais devenir pour les autres le signe de l’existence de Dieu.
Bien sûr, je n’en suis pas encore là! Pour l’instant, debout dans le Buisson qui brûle sans se consommer, je me laisse convertir et transformer. Argent passé sept fois au feu, je me laisse marteler, forger, par la flamme divine. Je laisse l’amour de la Trinité faire en moi son œuvre.

Lundi 16 janvier.
J’essaie de devenir de plus en plus consciente de la présence du Seigneur en moi.
Il me tarde de ressentir cet amour qui sommeille quelque part dans mes lointaines profondeurs. Coulant de la source originelle, la source de d’amour de Dieu.
Laisser en moi s’exprimer l’amour de Dieu, sa paix, sa joie, laisser en moi s’épanouir la présence de son Esprit.

Que ta vie me vivifie
que ta joie m’enjoye
que ton amour rayonne en moi et à travers moi."

C’est bon quand je reprend sur un hymne d’amour… Je suis particulièrement sensible aujourd’hui à ce passage: "Au pied du buisson démarre la source. Mon moi justifié, recréé coulera dans et par la source vers les autres." Elle me rejoint une fois de plus dans mon aujourd’hui où la préparation d’une journée inter-générationnelle se prépare dans notre secteur paroissial et où nous avons pour support un texte que j’aime particulièrement: "La Samaritaine" (J 4 – 1,42). Préparer un jeu pour les enfants, le vivre ensuite avec eux… "Que ta vie me vivifie, que ta joie m’enjoye, que ton amour rayonne en moi et à travers moi"!


19 septembre 2009
Mal
Intense
Garrotant la cervelle
Ruinant le temps
Avilissant le corps
Interdisant la vie
Nuisant à l’entourage
Eternellement néfaste!

Coup de grisou après une crise aigüe….


l’envie

14 septembre 2009
On va laisser se reposer un peu "l’arbre qui marche sur la tête", parce que c’est fatiguant d’avancer la tête en bas!

Alors ce soir; juste le dernier refrain d’un chant de Johnny Hallyday que je dédie à tous ceux qui ont oublier…à tous ceux qui n’ont plus envie parce qu’ils ont peut-être trop reçu.  C’est la rentrée, beaucoup se cherchent… ou pire n’ont envie de rien.  Parfois me vient l’envie d’essayer de "r-allumer le feu"!!
 

On m’a trop donné bien avant l’envie
J’ai oublié les rêves et les "merci"
Toutes ces choses qui avaient un prix
Qui font l’envie de vivre et le désir
Et le plaisir aussi
Qu’on me donne l’envie !
L’envie d’avoir envie !
Qu’on rallume ma vie !

Et voilà que ce que je croyais écrire pour "la cantonade"… résonne à mes propres oreilles… oui, une résonance d’un appel que j’ai du mal à discerner pour le moment… "Que ton oui soit oui, que ton non soit non". C’est encore ni oui ni non Seigneur, désolée…


Allez, allez, on avance…

12 septembre 2009
"Jeudi 12 janvier.
Ce matin, tout avait pourtant l’air normal, je planchais tranquillement sur cette notion qu’il fallait que je cesse de vivre par, pour et en moi seule, et soudain m’est tombé dessus: "ce n’est plus moi qui vis c’est le Christ qui vit en nous" — le "nous" étant moi et les autres. Le Christ est en chacun de nous, mais vit dans la relation à l’autre.
Je suis donc responsable de la " qualité de vie" du Christ.
Dieu m’aime comme je suis, mais il trouve sa vie dans ma relation à l’autre.

Il va me falloir pas mal de temps pour laisser descendre l’info à travers mes couches, pour véritablement la comprendre et la vivre. Elle induit une énorme notion d’engagement et de responsabilité, et touche une fois de plus un domaine où je suis loin d’être à l’aise. La relation à l’autre est sans doute mon point le plus faible, puisque je ne sais pas aimer. J’ai toujours par rapport à l’autre un réflexe de peur, de rejet, de repli sur moi-même. "Laissez moi tranquille, qu’est-ce que vous me voulez, c’est non de toutes façons".

Il faut vraiment que mon cœur se convertisse en profondeur, et en surface.
Je vois bien que je tourne en rond autour des mêmes blocages: peur d’aimer, peur de l’autre, égoïsme,orgueil, jalousies, crise de doute, la liste est bien définie, à la fois longue et courte , et c’est toujours les mêmes éléments qui se présentent à mon esprit: "non, je ne veux pas, t’es qu’une merde, tout pour moi rien pour les autres". Maintenant je crois qu’il faut que je les laisse sortir de moi, sans culpabiliser ni en faire à chaque fois un drame, en espérant que le passage à la lumière les rendra à chaque fois un peu moins virulents.
Toujours s’en remettre à autrui — au divin autrui, qui est un autre moi.

Toujours marcher à contre sens, nager à contre courant. Il y a quelque chose du saumon sous ma toison laineuse de brebis. Je remonte les fleuves pour revenir là où j’ai été créée, pro-créée, pour retourner à la source originelle, quel que soit l’effort à fournir.
Retourner d’où je viens en nageant à contre-courant, c’est vraiment l’idée du Christianisme. On ne peut rien faire comme tout le monde. Parce qu’on n’est pas du monde."

Claire dit: "La relation à l’autre est sans doute mon point le plus faible puisque je ne sais pas aimer". En fait c’est quoi "aimer"? Qui peut vraiment savoir la saveur exacte de ce mot? Ce que moi j’appelle "amour" est-ce la même chose que toi tu appelles "amour"? J’aime… oui, mais de "mon" amour. Puisque je ne sais pas le goût qu’a le tien… Tu me suis? Vous me suivez? Je suis un peu tordue pour me poser de telles questions? ? Oui, çà je sais…
 


Je continue

10 septembre 2009
"Oui, plus çà va, plus je sens qu’effectivement tout est parti de là. Dieu nous protégeait du bien et du mal, planté à côté de l’arbre de vie, en attendant qu’on soit capable de faire le bon choix.
Mais le sera-t-on un jour?
Je crois qu’à ce niveau-là, on n’a pas beaucoup progressé malgré un bing-bang et quelques milliards d’années. On veut toujours distinguer le mal et le bien. Et on a tous un avis différent sur la question.
Des tas de choses ont l’air bonnes alors qu’elles sont mauvaises, d’autres sont bonnes pour moi et mauvaises pour mon voisin. Même si on est plein de bonne volonté, de bonté et de sainteté, on finira toujours par se planter.
Il faut qu’on admette l’idée qu’on est incapable de différencier sans se tromper le bien et le mal.
Il faut qu’on accepte de laisser cela à Dieu.
Ne pas juger ni soi-même ni les autres, cela revient à refuser de montrer le mal du doigt. D’abord parce qu’il est aussi en moi, ensuite parce que ce n’est pas à moi de faire la police.
Pourtant, si on y réfléchit un peu, comme la vie deviendrait meilleure pour l’humanité entière si on cessait de vouloir faire nous même le distinguo, si on s’en remettait à Dieu!
"Le Seigneur connait le chemin des justes, mais le chemin des méchants se perdra."
C’est la conclusion du psaume 1.

Je suis responsable de mon oui.
Après, je laisse à Dieu la responsabilité de me protéger et de me mener au salut."

Responsable de mon oui? Mais je n’ai pas dit oui… même si je n’ai pas dit non non plus. Justement Seigneur à toi la responsabilité de me mener au salut… C’est toi qui répondra… quand tu le jugeras opportun sans doute.
(Énigme pour certain, cette réflexion est toute personnelle; pardon de ne pas vous la décrypter)


On continue

10 septembre 2009
"Ce matin, je me réveille avec cette idée dans la tête: je ne m’appartiens plus.
C’est du solidement planté, du vissé dans le crâne. Il n’y a aucun mouvement de révolte, ou de contestation. Ce serait plutôt de l’ordre de la constatation.
– Tiens, c’est vrai, je ne m’appartiens plus.
"Seigneur, je ne m’appartiens plus, je m’abandonne entre tes mains; tiens-moi bien, ne me laisse pas tomber, je suis si fragile…

Seigneur, prends soin de moi, puisque je suis à toi.
tu es responsable de moi, en me mettant au monde tu t’es engagé à faire mon bonheur et mon salut.
Je t’en prie aide-moi à devenir chaque jour un peu plus consciente de ton amour, de ton désir de me voir heureuse.
Tout à coup, il me semble — c’est une idée pas très assurée, presque furtive — que la foi est une voie d’accès, un chemin qui va du Père à moi; c’est par ma foi qu’il agit, c’est sur ma foi qu’il s’appuie pour me convertir. Ma foi serait ce qui rend les choses possibles entre le Père et moi.
Plus ma foi est grande, plus le travail est efficace.
Donc, une fois de plus: laisser ma foi se développer sans entrave.

Ton amour Seigneur, est plus fort que mes blessures,
ta paix, plus profonde que mes agitations,
ta joie plus puissante que tous mes désespoirs,
ta patience plus constante que mes hésitations,
ta volonté plus séduisante que mes doutes,
ta vérité plus merveilleuse que mes mensonges.

Et me voilà repartie dans la Genèse, création de l’homme et de la femme. Au début, l’homme et la femme ne sont qu’une seule chair, ils sont tous les deux "Adam-le-Glaiseux".
Première séparation: Dieu crée.
Ensuite, Ève est tirée d’Adam, "pour le coup", s’écrie celui-ci, "c’est la chair de ma chair!"
Deuxième séparation: Adam et Ève sont deux. Avec Dieu, çà fait trois. Cinq en comptant bien.
Et çà ne s’arrête pas là. Après, il y a Caïn et Abel. Cahin et caha. Comme les deux visages de l’humanité, les deux forces qui sont en nous. Le bien et le mal.
Dieu aime le bon Abel, mais il aime aussi l’orgueilleux Caïn, qui tire la tronche parce que son frère est le chouchou. Dieu le prévient: attention Caïn, tu es sur une mauvaise pente! "Le péché n’est-il pas à ta porte, comme une bête qui te convoite?"
Reprends-toi?"
Toujours la vigilance de Dieu, son désir de sauver l’homme.
– Attention Caïn! Tu vas droit dans les embêtements!
Caïn n’écoute pas. Il est devenu sourd comme un jaloux, et entraine Abel dehors pour l’égorger.

En moi, le mal cherche à tuer le bien. Les deux ne peuvent pas cohabiter, le mal ne supporte pas la cohabitation avec le bien. La vocation du mal est de détruire, et sa cible numéro un  est son opposé contraire le bien.
Il faut que l’un d’eux l’emporte. Dur, alors que le bien est doux, calculateur alors que le bien est confiant, agressif alors que le bien est désarmé, puissant alors que le bien semble si faible, le mal a la partie belle, et apparemment il gagne à tous les coups.

Je relie tout cela à l’arbre de la connaissance du bien et du mal, planté à côté de l’arbre de vie."


Un peu d’arbre qui marche sur la tête…

8 septembre 2009
"Mercredi 11 Janvier
Aujourd’hui balade à Cavaillon. Envie de ville, de rues avec des gens et des vitrines barrées du mot solde. Non, non, je ne fais pas ma quarantième crise de doutes rugissante; j’ai simplement besoin d’un peu de frivolité; besoin de changer d’air.
Je rejoins le flot de mes frères et sœurs les hommes dans une de leurs principales activité: les courses en ville. Et constate qu’il m’est toujours aussi difficile de rester branchée sur Dieu dans ce genre de situation.
Il devient complètement abstrait, mais alors complètement, au milieu de ces gens qui marchent et qui discutent de tout, mais alors vraiment de tout… sauf de Lui.
En ville, il n’existe pas, au point que je regarde les poussettes d’enfants, les jeunes hommes affairés, les dames à chien-chien, les galopins en patin, et je me sens dans Babylone, en plein désert spirituel.

Bon, et sinon?
Rentrée à la maison, chargée de paquets, je réfléchis à tout cela. Ma grande question est: Dieu peut-il, sans toucher au libre arbitre, amener les gens à penser un peu plus à lui? A l’oublier un peu moins?
Et après moultes gamberges j’arrive à la conclusion que non, il ne peut pas. Amener les gens à penser à lui, c’est leur imposer quelque chose, en fait. Même si c’est simplement l’idée de son existence, et pas l’obligation de croire en lui, çà ne fonctionne pas. Quand on s’appelle Dieu, la frontière entre "amener à" et "imposer" n’est pas nette. Et le mot imposer ne rimera jamais avec liberté.

Il faudrait peut-être que je me fasse imprimer des tee-shirts avec écrit des trucs un peu percutant, style: "Dieu n’est pas vieux", "Dieu est plus jeune que moi", "Dieu pense donc je suis",… après tout pourquoi pas? Devenir une ambassadrice Pater Noster, plutôt que Tipewer…

C’est vrai qu’on perçoit de moins en moins Dieu comme Père, et de plus en plus comme arrière-grand-père grincheux et goutteux.
Mince alors! Le Père est formidablement jeune, puissant, amical, voire même amoureux, séduisant et séducteur. Il m’offre le meilleur de lui-même, et attend le meilleur de moi.

J’arrive dans l’idée qu’il se sent responsable de moi. J’adore çà.

Depuis que ma mère m’avait collé sur le dos la responsabilité de mes frères et soeurs, en tant qu’aînée, le mot "responsable" me donne de l’urticaire. Tout le reste de ma vie, je l’ai trainé comme un boulet, un peu moins horrible que "sacrifice", mais pas génial quand même. J’ai été bombardée responsable des autres trop tôt pour comprendre la beauté de ce mot, qui rimait trop bien avec raisonnable et désagréable.

Et là, le fait de réaliser qu’un autre peut se sentir responsable de moi me rend le mot plutôt sympathique. Je ne vois plus le côté obligations/emmerdements, mais le côté: on aime les gens, on se sent responsable d’eux.
Si tu m’apprivoises, tu seras responsable de moi…
Et forcément, le Père se sent responsable de nous. Dame! C’est lui qui a pris la responsabilité de nous sortir du néant où nous nous annéantissions en choeur. A lui maintenant de nous amener au salut.

Pour être tout à fait 100% franche, je me demande si il n’y a pas eu un… comment dire? Un désir d’être créé de notre part.
Un peu comme si, présents dans la pensée du Père depuis le début des temps, et même avant — avant la création du monde, je t’aimais déjà, j’ai rêvé de toi — nous avions demandé le droit à la vie.

Enfin, le plus important est que je suis en train de changer de regard sur lui et sur moi. Je me dis, il m’aime comme je suis, il faudrait que j’arrête d’être plus difficile que lui. Me regarder telle que je suis, et m’accepter enfin."

Quand j’ai lu ce livre pour la première fois il y a 4 ans, j’ai butté sur ces 3 phrases et le livre est alors resté un certain temps en attente sur ma table de chevet. Quand je l’ai relu, les fois suivantes, je les ai vite dépassées pour ne pas m’y attarder encore. Ce soir… pour la première fois je les lis… et les relis encore… et je suis heureuse du chemin parcouru. 


7 septembre 2009
"Mardi 10 janvier
Sois ce que tu es… je comprends ce matin ce que je suis: une formidable capacité à aimer. Une fois que j’ai compris cela, j’entre en pleine possession de mes moyens, dont je connais maintenant la finalité: aimer Dieu de tout mon cœur, de toute mon âme, de toute mon intelligence et ma force. Non, ce n’est pas un commandement, c’est un don, encore un, une direction vers laquelle tendre.
De tout mon cœur, parce que le cœur est le lieu de la capacité d’aimer.
De toute mon âme — le lieu où se trouve et se développe ma volonté d’aimer.
De toute mon intelligence — le discernement, la possibilité d’aimer.
Et ma force.

Toute ma capacité, ma volonté, ma possibilité d’aimer, et toute ma force à le faire, élevée et tournée vers le créateur pour qu’il m’apprenne à l’aimer. Le plus important de tout étant forcément le cœur, où tout se décide.
Tourner vers Dieu ma capacité d’aimer pour qu’il la rende forte, plus complète, plus juste, plus sainte, plus parfaite.
Lui rendre tout ce qu’il m’a donné, puisque c’est lui qui me donne vouloir, pouvoir, discernement et force.

Ajouter en prime la joie d’être dans ce processus d’amour éternel, ajouter ce qui n’était pas demandé, la joie et l’allégresse, qui doivent venir spontanément à l’esprit, montrer du cœur, preuve qu’on est en train de comprendre l’essentiel.
Plus j’entre dans le dessein, plus je comprends la logique, plus je suis dans la joie, forcément.
Plus je perce le mystère du Père, plus ma joie est complète.
La joie est donc bien le garant, le signe de la sainteté qui commence à passer.

Le cœur physique est le moteur de la vie, l’endroit où le sang passe et se nettoie. Le liquide de la vie transite par le cœur.
Le cœur spirituel est le moteur de la vie éternelle, le lieu où se fait la grande lessive, le grand recyclage. De la même façon que le sang usé se régénère dans le cœur physique, grâce à l’apport d’oxygène, si je me souviens des leçons de 3°, le cœur spirituel est le lieu où tout ce qui fait obstacle à la lumière est détruit sous l’action du souffle de l’Esprit, et où ma capacité d’aimer se régénère.
Les sacrements, une fois de plus.
Mon âme éternelle, où était-elle avant ma vie d’ici bas?
Est-ce elle qui a appelé, dans le secret de la chair maternelle, l’acte d’amour, l’acte concepteur?
Je suis déjà, venez me mettre au monde.
J’ai des velléités d’indépendance, je veux savoir ce que c’est: être homme.
Aujourd’hui, elle sait ce qu’elle voulait savoir. Elle est indépendante de son créateur, elle agit par elle-même, pour elle-même.
Pourtant, la grande leçon est d’apprendre que sa seule finalité, son unique raison d’exister est de retourner d’où elle vient, retourner au Père.
En transit dans mon corps, en visite dans la chair, pour devenir plus sage, plus sainte.
Et le jour du dernier souffle, elle repart, enseignée, libérée des chaines de la chair.

Mon cœur éternel, où était-il avant ma vie d’ici?

Même quand c’est trop dur à comprendre, rester dans la parfaite confiance."

 Il est profond ce passage. Beau. Vrai. L’âme de Claire a rejoint le Père, elle est libérée des chaines, sage, sainte. Capacité d’amour éternel. Rien à comprendre, dans la confiance aimer…