mais encore

26 janvier 2009
"Je cherche à me percevoir correctement. Où est mon coeur, où est mon âme? Qui, en moi, décide?
 
Je me dis: le Christ est le Verbe, ma pensée est parole.
Pour une parole juste prononcée, combien de kilomètres de bruits inutiles, de pensées parasites?
Sans cesse ma pensée cherche quelqu’un à qui parler. Elle veut dialoguer.
Je m’entends souvent parler avec les absents.
Comme cet ami,qui me dit hier au téléphone:"je dialogue beaucoup avec toi en ce moment".
Avant une séance de déliance,de dénouance,je dialogue beaucoup avec mon confesseur.
Je m’aperçois soudain qu’apparement, le mot dialogue est faux: il s’agit forcément d’un monologue.
En apparence.
Parce qu’en réalité, c’est bien un dialogue, comme le mot m’est venu spontannement à l’esprit.
Ce n’est pas un texte écrit à l’avance et récité, mais la rencontre de deux personnalités.
Je parle à l’autre, parce que je le connais
 et que je l’aime assez pour que son absence "physique" ne soit pas un obstacle à la rencontre spirituelle.
Je crois que quand on a laissé quelqu’un entrer dans son coeur,
il y habite ensuite à demeure, même si la plupart du temps on ne s’aperçoit même pas de sa présence."
 
Je pense que l’on rejoint dans ce passage le coeur de la foi et, en même temps, l’essence (les sens) de la prière.
Ne plus monologuer mais dialoguer.
Croire que quelqu’Un existe,
que quelqu’Un écoute,
 que quelqu’Un répond…
mais cette habitude de s’écouter soi-même, de chercher des certitudes rend souvent les choses si difficiles… 
Pourtant "Il y habite à demeure même si on ne s’aperçoit pas [toujours] de sa présence"…