je reprends…

15 janvier 2009
"Mardi 20 décembre.
Je suis dans un curieux état d’esprit; d’un côté, il y a toute cette démarche vers l’Esprit, l’ouverture, qui porte ses fruits, et de l’autre je ne supporte rien ni personne et m’énerve pour un rien. Je me sens pleine d’hostilité.
 
Travaillant à l’écriture d’un texte sur la tentation (voir "Graines de Brebis"), je suis particulièrement sensible à ces manifestations; c’est vraiment l’idée de la complicité avec l’autre tordu. Il me colle son avis, son désir de mort dans le crâne et je crois bien que c’est le mien.
Probable que ce qui a entrainé sa chute est qu’il préfèrait encore se détourner de Dieu que de ne pas en être aimé en exclusivité. Je le sens bien en moi ce foutu setiment: "soit tu n’aimes que moi, soit va te faire voir". Moi seule, moi et personne d’autre. Moi moi moi, tout tourne autour de cet égoïsme, cet égo-centrisme. Comme si le fait que Dieu ou mon frère aime d’autres gens que moi allait me léser dans ce que j’ai de plus cher, me priver d’un droit acqui. 
Je préfère me priver de l’amour de Dieu ou de l’autre plutôt que de le partager. Quelle connerie! Comme si l’amour perdait de son intensité dans le partage. De son pouvoir béatifiant. Je sais bien que Dieu aime tous ses enfants, et je mentirais en disant que je me sens moins bien aimée de ce fait. Je me sens aimée au-delà du possible.
Comme si on pouvait commander et emprisonner l’amour!
 
Sinon, je m’approche de l’idée que ce n’est pas en récurant moi-même mes écuries d’Augias à la brosse à dent que je parviendrai à un résultat vraiment satisfaisant. Je le sais depuis très longtemps, mais il n’y a rien à faire: faut toujours que je mélange les genres, et que je compte sur mes efforts pour me sauver. Laisser passer l’Esprit, laisser passer la lumière, c’est tout ce que je peux faire.
Vas-y Seigneur, moi je retiens mes pulsions d’action individuelle.
Jette un charme sur mon bataillon de braves couillons persuadés que c’est eux qui vont gagner la guerre
en agitant leurs petites épées émoussées et leurs flèches de super-marché sous le nez du mauvais.
Qu’ils s’endorment tous profondément, afin que la voie soit libre pour ton salut.
Moi, tout ce que j’ai à faire, c’est ouvrir la porte, toutes les portes.
ET à être dans la foi, croire que plus ma garde perso dormira profond, plus je serai en sécurité.
 
Si le Seigneur ne garde la ville, c’est en vain que veillent les gardes…"
 
J’arrête c’est trop long. Mes doigts me font mal. Je finirai plus tard cette "journée" là…