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3 janvier 2009
"Dimanche 18 décembre.
Trop de gens viennent me témoigner de leurs mauvais rapport avec l’Eglise.
J’ai l’impression de devenir un bureau de réclamations où les gens viennent cracher leur venin, dire leur blessure.
 Mais que vais-je faire de toute cette rancoeur, cette amertume?
J’écoute un prêtre me parler de l’ordination, et je craque.
C’est très beau, tout ce qu’il me dit sur les prêtres, mais cela n’a pas grand chose à voir avec ce que les lecteurs des Brebis reflètent.
D’un autre côté… je sens bien l’amour propre, l’orgueil blessé chez ceux qui me parlent.
Si je réfléchis bien: c’est surtout par omission qu’elle "pèche". Ce n’est pas tant ce qu’elle fait, que ce qu’elle ne fait pas, qui chagrine.
 
Nuit agitée. Je voudrais ressusciter avec le Christ. J’en ai assez de moi, je voudrais être délivrée de moi.
Mourir au petit moi et renaître au moi plein de toi, ici et maintenant.
 
Seigneur, ne me laisse pas prisonnière
de ce moi qui m’écoeure…
Seigneur libère-moi du serpent
qui sournoisement resserre
son emprise autour de mon coeur
sauve-moi de cette étreinte
donne-moi la force d’écraser sa tête
de mon talon.
 
Je ne comprends pas comment il y a encore tout ce mal en moi,
pourquoi, comment, toutes les pensées qui montent spontanément de mon coeur sont neuf fois sur dix négatives, mauvaises.
Je ne comprends pas cette logique du mal installé en l’homme à demeure,
je ne comprends pas pourquoi, habitée du Christ sauveur, je suis toujours prisonnière du mal damnateur.
Pourquoi les pensées parasites ne lâchent jamais prise,
pourquoi mon esprit s’évade vers des stupidités dès que j’essaie de l’amener à toi.
 
Pourquoi l’absence de progrès est si frappante?
Je voudrais être guérie dans mon âme et dans ma chair. Seigneur, je t’en supplie, regarde-moi!
 
J’ai trop réfléchi, mon cerveau sature.
Je ne veux plus réfléchir, je veux te refléter.
Je veux que tu me regardes et rien d’autre ne m’importe.
Je passe mon temps à demander depuis deux ans des choses qui me sont déjà données et que je ne sais pas, que je ne veux pas voir."
 
Bien… pas grand chose à rajouter à ce passage.
Si ce n’est que c’est toujours du vécu. Même si pour une fois j’ai le sentiment d’avoir "dépassé" ce stade là.
Enfin… pour une fois!
Juste peut-être m’attarder sur cette si belle phrase:
"Je ne veux plus réfléchir, je veux te refléter"
Effectivement refléchir un visage c’est le laisser "hors de" le refléter c’est l’avoir "dedans".
L’image alors fait partie de soi.
Je vais même plus loin: je crois que c’est ce que l’on reflète qui devient le plus important.
On "s’efface" pour laisser toute la place à l’Autre… Je m’efface… du moins j’essaie.
Pas toujours facile et pourtant quand on y parvient ce sont des instants précieux… bonheur…
 
Je ne refermerai pas cette page sans vous avoir souhaité, à tous ceux qui ne sont pas dans mon carnet d’adresse et qui donc n’ont pas reçu mon mail de bonne année, simplement l’essentiel. Le superflu reste la part de bonheur que l’on peut bâtir seul ou recevoir mais qui n’est pas vitale. Donc à vous tous: l’essentiel.
Ce qui veut dire que le superflu peut-être redistribué pour devenir l’essentiel de mon prochain!