15 décembre 2008
"Mardi 22 novembre
Cette nuit je décide de prendre huit jours de congés spirituel _ avec en grand interdit de séjour: le IL FAUT.
Je ne supporte plus le il faut, il faut être bonne et gentille, donner au pauvre, faire pénitence.
Même: il faut louer le Seigneur me sort par les trous de nez.
Non! Il faut pas! C’est pas le bon mot!
Je loue le Seigneur quand la joie est dans mon coeur, pas par sens du devoir, pas par obligation.
Depuis que je suis enfant j’entend cela sans cesse: il faut ! Raz le bol!
Je ne veux plus conjuguer ma foi sur le mode il faut-je dois,
et je crains que cela me prenne plus d’une semaine pour me sortir de cette prison,
et qu’une fois débarassée du collant yfokeu, je n’ai aucune envie de m’y remettre!
Je voudrais essayer plutôt le: j’ai besoin _ de ton amour Seigneur, et de ton aide.
De ta tendresse et de tes soins attentifs. De ton bâton qui me guide, de ta flamme qui éclaire ma route.
J’ai besoin d’être consolée, rassurée, confortée. Je me démoralise si vite! Je m’angoisse si facilement!
Je cesse de contraindre le Christ en moi.
Le Seigneur est en moi, et que fais-je de cette présence divine?
Je mets toute mon énergie à la museler,
des fois qu’elle me dise des choses que je n’ai pas envie d’entendre, qu’elle m’entraine à poser des actes que je n’ai pas envie de faire. Oui, ce matin je réalise que je passe mon temps à faire taire en moi le Christ.
Encore une conversion à entreprendre, un virage à 180°. Laisser le Christ s’exprimer en moi de la façon la plus totale , la plus libre.
Seigneur-en-moi, je te prie humblement de me pardonner pour tous les actes de rejet, de rebellion, d’indifférence, d’agressivité et même de grossièreté que j’ai pu commettre envers toi _ et que je commettrai encore _ par inconscience, stupidité, faiblesse et lâcheté.
Seigneur-en-moi, je vais essayer de mettre ma volonté dans l’accompagnement,
l’accomplissement de la tienne, et pas dans le freinage des quatre fers.
Me réjouir sans cesse de ta présence, essayer de réaliser un peu ce que veux dire: le Christ est en moi.
Dans l’instant présent, dans l’instant, présents tous les deux.
Mon créateur en moi, taisant sa volonté, par respect de ma liberté.
Librement , joyeusement, ouvrir de plus en plus grand mon coeur.
Sentir ce miracle permanent, constant, Dieu en moi, avec moi, pour moi _ par amour pour moi.
Le trésor de Dieu _ le trésor de son amour , de sa vérité _
enfoui au fonds des océans mais toujours présent, intact,attendant d’ête découvert et exploité.
Pour trouver le trésor, prendre la carte, le guide _ la Bible _ et me laisser aussi couler jusqu’au fond de l’océan de mon coeur profond.
Qui plonge?
Celle que St Paul appelait "l’homme intérieur", ce qui colle mal quand on est une femme,
que je pourrais appeler la femme intérieure,
mais soucieuse de trouver un terme unisexe _ que la moitié de la population ne se sente pas exclue _ je dirais l’enfant intérieur.
Cet enfant qu’il faut retrouver et laisser agir en moi, cet enfant intérieur fortifié par la volonté et les dons de Dieu.
Trouver, éveiller cet enfant intérieur, ouvrir son regard.
Fermer mes yeux de chair, ouvrir les yeux de mon âme.
Ouvrir le regard intérieur, celui qui peut voir ce qui ne se voit pas.
Me taire, et écouter le silence intérieur, celui qui ne s’entend pas.
Là, à l’écoute, parasitée de pensées malvenues, je continue de ne rien voir et de ne rien entendre, mais je l’accepte.
J’accepte ma surdité et mon aveuglement.
Tout se joue peut-être à un niveau sans paroles et sans images.
"Notre secret c’est le mystère sans parole…"
Consciente de mon impatience et de mon impulsivité,
je ressens en moi monter le désir de bouger, de sortir, de passer de Marie à Marthe."
 
J’arrête là pour ce soir, même si la "page" de ce jour n’est pas complète.
J’ai plutôt envie moi de passer de Marthe (!) à Marie je crois… à celles qui comprennent!! 
J’ai d’ailleurs failli cesser dès la fin de cette si belle prière au Seigneur-en-moi…