Deux jours… quelques jours plus tard

13 décembre 2008
"Vendredi 11 novembre
Pour la première fois depuis l’onction de guérison, je me sens fort déprimée. Je ne peux tout de même pas me faire oindre tous les quinze jours!
Ma foi est de qualité bien médiocre, le constater m’emplit d’une amertume amère.
Je suis fatiguée de moi-même, de mes résistances à Dieu et de mon peu de résistance propre, et je suis fatiguée des autres. Je sent que tout m’échappe à nouveau. Je me sens seule et abandonnée, et en même temps je n’ai envie de voir personne.
Peut-être cette crise est-elle liée aux efforts que je fais pour me remettre vraiment. C’est toujours le même problème: la distance est si grande entre ce que je voudrais être _ aimante, confiante, toujours joyeuse parce que toujours consciente de l’amour de Dieu pour moi _ et ce que je suis vraiment: égoïste, brouillon, velléitaire, impatiente, capricieuse, j’en passe et de moins glorieuses encore!"
 
Relire ces lignes m’avait trop déprimée,
je me reconnaissais si bien dans cette "foi médiocre",  et je n’ai pas pu les transcrire aussitôt.
Ce soir je m’en sens tellement loin que je vais continuer et vous "offrir" un jour supplémentaire!
Moralité: la vérité d’hier n’est pas celle de demain donc… Allez… je vous en fait un petit coup? Hein? Hein?
Allez oui: CARPE DIEM!! Dieu que çà fait du bien.
 
Un jour à la fois, oui. Mais pas  pour "L’arbre qui marche sur la tête", cette fois seulement, promis!
 
"Mardi15 Novembre
Cette nuit, je sens un lieu nouveau s’ouvrir en moi, et il y a dans cette impression une vraie paix et une vraie joie.
Et ce matin, je suis toujours dedans. Je me lève heureuse, ce qui est rarissime, je me sens prêtre à tout prendre du bon côté. Messe à l’abbaye de Sénanque, avec trente prêtres en retraite. Impressionnant.
Première lecture, Apocalypse 3,20: "Voici que je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je mangerai avec lui…"
Je me dis, le lieu nouveau, c’est mon coeur qui s’ouvre, pour que le Christ puisse entrer.
Ensuite l’Evangile, c’est Zachée. "Zachée, descend vite; aujourd’hui il faut que j’aille demeurer chez toi. Vite  il descendit, et accueillit Jésus avec joie…"
Et Zachée va partager ses biens avec les  pauvres. Quand le Christ entre dans votre coeur, il faut tout de suite entrer dans la logique du partage, si on essaie de tout garder pour soi, le coeur explose. Rien ne peut contenir l’amour de Dieu. Il doit circuler.
Dernier fait, c’est aujourd’hui la St. Albert-Le-Grand, qui passa sa vie à chercher Dieu dans les sciences physiques. L’intelligence sanctifiée: justement hier je lisais le premier commandement: tu aimeras ton Dieu de toute ton âme, de toute ton intelligence, de tout ton coeur et de toute ta force. J’ai été frappée par le fait que l’intelligence y tenait la deuxième place. Non, Dieu ne néglige pas l’intelligence, il la place juste après l’âme, et juste avant le coeur. C’est dire toute l’importance qu’il lui donne.
Chacun doit mettre dans son amour, toute son intelligence. Le savant celle du savant, le cancre celle du cancre. Peu importe l’importance et le raffinement de cette intelligence, ce qui prime c’est qu’elle y soit toute.
 
Certains comprennent mieux pourquoi j’ai rompu le rythme d’une "journée" à la fois.
Et oui, une fois encore rejointe par Claire et ses "émotions" spirituelles.
Moi aussi , ce soir, comme toute la journée écoulée d’ailleurs, "je suis toujours dedans"!