5 décembre 2008
"Mardi 25 octobre
On est tous liés dans l’amour de Dieu. Alors pourquoi ai-je toujours tant de mal à aimer mon prochain? Parce que ce lien, je le sais, mais je ne le sens pas. Pourtant, il est nécessaire. Comprendre le dessin de Dieu relève de l’utopie orgueilleuse, mais comme on veut toujours lever un petit coin de voile, poussés par la maladie de la connaissance, qui commence par "Seigneur, je veux te comprendre" et qui finit par: "Seigneur j’ai fait un très beau portrait robot de toi, ne te fatigue pas à relire, je sais qu’il est très… ressemblant, puisque je l’ai fait à mon image". On essaie de piger quelque chose au corps mystique du Christ, qui me semble être la clé qui ouvre la porte du Royaume. Donc, je relis Saint Paul, qui me dit qu’on forme tous le même corps, le Christ étant la tête.
Le corps du Christ, je le mange à chaque eucharistie. Son corps mystique, c’est tous les hommes qui acceptent de participer.
Notre corps spirituel.
Il y a quelques jours, au milieu de la nuit, je pars à moitié réveillée et au trois quarts endormie dans un grand raisonnement spécial nocturne, plein de donc, alors, c’est, et le dernier morceau c’était: … puisqu’on a un corps spirituel.
Là, je me réveille complètement. Un corps spirituel? Késako? Impossible de me souvenir du reste. Comment en suis-je arrivée là?
Deux jours plus tard, je tombe dans un bouquin sur une phrase de Saint Paul "… et il ressuscite corps spirituel". Je bondis sur ma chaise. Paul, encore! J’attrape mon Evangile… qui s’ouvre juste à 1 Corinthiens 15 quelque chose. Semé corruptible, le corps ressuscite incorruptible. Semé dans la faiblesse, il ressuscite plein de force. Semé corps animal, il ressuscite corps spirituel.
Après avoir goûté de l’arbre de la connaissance, on ne pouvait plus avoir accès à l’arbre de vie. "qu’il n’étende pas la main, ne cueille pas aussi de l’arbre de vie, n’en mange et ne vive pour toujours!" (Genèse 3, 22)
Quand on parle du Seigneur, qu’on essaie d’expliquer l’inexplicable, c’est comme si nous voulions prononcer YHWH, le tétragramme imprononçable: on est obligé de partir à tâtons dans un no man’s land obscur et confus, traversé d’éclairs et de longs déserts. Et on prend le risque de parler obscur et confus. Parfois il n’y a pas d’autre moyen pour approcher la vérité de Dieu que de devenir poète. L’image est souvent le seul accès possible à cet impossible."
Encore une ironie du "Hasard" sachant que je suis incapable de mettre la moindre image ici. N’est-ce pas Zabou?