petit bout de…

24 novembre 2008
"Pour se donner envie d’être humble, penser qu’il n’y en a pas en enfer. Pas une brebis ne grille dans le barbecue géant de sa goinfritude-le-mauvais. Des paons, des lions et des tigres, des animaux superbes et somptueux qui feulent, rugissent, oui, il y en a des tas. Mais j’ai été coller mon oreille à la porte: pas la moindre trace de bêlement. J’ai bien écouté. Peut-être un vague blatèrement las-bas au fond, mais je ne jurerais de rien.
Pourtant des brebis, il y en a des troupeaux entiers à travers le vaste monde. De toute les couleurs et de toutes les formes. Il y en a des brebigarées, des brebiscornues, des brebizarroïdes, des brebismutées, et ce qui est vraiment formidable, c’est que celui qui nous a créé nous aime toutes, même les cagneuses, les lèpreuses, les galeuses, celles qui ont un troisième oeil ou une cinquième patte histoire de se compliquer un peu la marche.
Tout bien réfléchi, il n’y a que des avantages à être une brebis. Personne n’aurait l’idée de demanderà un stupide ovidé de faire des prouesses, de soulever des poids pour les jeter au loin, de pulvériser des records, ou d’inventer la relativité.
Nous, tout ce qu’on sait faire, c’est essayer de suivre le berger le nez collé au sol, des fois qu’y aurait une herbe tendre à se mettre sous la dent. On est pas du genre à lâcher l’ombre pour la proie, oh non!
On connait nos limites, on sait qu’on est des sous-doués dans toutes les matières à gros coëfficient, des cancrettes assises au fond près du radiateur. On a la vue basse, et l’oreille ensablée. Dès qu’on essaie de faire trois pas toute seule, on tombe dans le fossé, ou on se paume dans les bois où le loup y est.
Quand il s’agit de faire preuve de sainteté, on n’est pas trop pressé: "Poussez pas derrière. Y a bien le temps. Passe devant, je te suis. Demain je m’y met. Juste le temps de regarder mon horoscope."
On est tout le temps en train de râler: il fait trop chaud, j’ai froid. Le berger s’intéresse jamais à moi. C’est fatiguant. J’en ai plein les pattes. C’est encore loin? Y a trop de brouillard, je vois plus le berger. J’y arriverai jamais, alors c’est même pas la peine."
Claire je ne l’ai pas connue… Je me demande parfois si elle… elle me connaissait!?!  

les brebis dans les arbres: L’arbre qui marche sur la tête

24 novembre 2008
Rappelez-vous, nous étions resté avec Judas et son manque d’humilité:
 
"D’ailleurs s’il avait été humble, il n’aurait pas vendu son maître pour une poignée de sesterces. Il aurait fait comme Marie-Madeleine, il l’aurait aimé contre vents et marées, il l’aurait cherché le matin de sa résurrection près de son tombeau vide: "jardinier, dis-moi je t’en supplie: où as-tu mis mon berger?"
Orgueilleux, on l’est tous trop. Tous, mais si! Il n’y a pas que l’orgueil éclatant, celui du coq et du lion, qui pousse à se pavaner et à se vanter de ses exploits à longueur de journée _ moi, toutes les poulettes, je les tombe. Moi, j’en mange trois comme toi à mon petit déjeuner.
Il y a aussi l’orgueil en creux, l’orgueil de celui qui se flagelle le mental du matin au soir en gémissant bien fort: je suis un misérable ver de terre. Se complaire dans sa misérabilité, c’est aussi une forme d’orgueil.
 
Euh… la suite plus tard.
 

je continue…

24 novembre 2008
Pour mes quelques lecteurs habituels:
J’espère que vous prendrez plaisir à la lecture de ce "livre-blog", parce que je vais me contenter de cette "retranscription-héritage-témoignagne-don-amical" pour en préserver au mieux l’intégralité, la facilité de lecture. Bien sûr, en bonne méridionale je ne résiste guère, vous l’aviez sans doute déjà remarqué à quelques ressentis ou commentaires…