Après plusieurs mois de réticence passive, de révoltes et de hurlements silencieux dans le noir: "Je ne veux pas être une bonne chrétienne! Je veux pas qu’on se moque de moi! Je veux aimer le Christ mais pas en Eglise! Pas question de devenir un ovidé bêlant!" Il a fallu que je me rende à l’évidence: j’étais une brebis.
Pourquoi une brebis? Pourquoi pas un tigre du Bengale, un lion roi des zanimaux, un ours blanc ou un aigle royal: n’importe quel animal un poil plus valorisant qu’un ovidé bêlant?
Parce qu’aux yeux de notre créateur_ qui nous connaît comme sa poche_ on n’est pas des tigres ni des ours blancs, on est des brebis. Et comme d’habitude il a raison. Face à lui, j’ai l’intelligence subtile, la force de caractère bien connue, le courage exemplaire de la brebigleuse moyenne.
Mais qu’est-ce qu’une brebis, en vrai?
DEFINITION
Le Petit Larousse est bref et lapidaire: femelle du bélier. Voir mouton.
Circulez y a rien à voir. Femelle du bélier=mouton+femme… Bref, çà vaut pas un pet de lapin.
Allons donc voir à mouton. Là c’est plus disert, y a même un dessin pour expliquer ce qui se mange dans l’animal. Presque tout, de la selle au collier:
Je lis: mammifère ruminant à cornes spiralées et portant des côtes transversales chez le mâle ou bélier; La femelle est la brebis. On élève le mouton pour sa chair et sa laine. Cri: le mouton bêle.
Génial. Tout de suite, on se sent valorisé.
Disséquons le mouton, qui semble né pour çà.
Notre cri porte un nom ridicule: on ne chante pas, ne hulule pas, on ne ronronne pas, non, nous on bêle. 
Y a vraiment rien de plus bêêête. Bêêê! Pas de quoi pavoiser. En plus y a que la femelle qui bêle. Le male, lui, blatère. Bon, faut reconnaître que c’est pas terrible non plus: blatère.
Nous pendant ce temps on déblatère?
Quand on n’est pas occupé à bêler, autre noble occupation: on rumine. Ô rage, ô désespoir! On rumine!
Celui qui supporte héroïquement l’idée de bêler achoppe forcément au ruminage. Il y a un côté vieux chewing-gum malaxé de l’aube au coucher qui vous casse le plus costaud des moral.
Au moins les Anglais, plus soucieux de la susceptibilité de leurs concitoyens, ont un mot spécial pour désigner les brebis du Seigneur, qui en fait sont des hommes, n’est-ce pas, au fond. Quand il s’agit de religion, en anglais on dit sheep.Alors que la brebis bête, celle qui bêle et qu’on mange couverte de sauce menthe, c’est… Ewe.
Comment çà se prononce, ce truc? Iwi? Iuuu, je crois. Iyou.
Sheep, c’est très doux, comme mot. Sheep…C’est pas comme brebis, qui démarre brrrr  et qui finit sec et pointu.
 
Voilà. Je continuerai peut-être demain mais je continuerai. Parce que je trouve indécent qu’un livre qui a été OFFERT en témoignage par son auteur (décédée en 96 et dont l’époux a cessé l’édition par manque de moyen) soit vendu 38€ sur e-bay…

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