30 novembre 2008
"Samedi 22 octobre
En marchant sur le chemin derrière la maison, une pensée me traverse soudain l’esprit:
de toutes les façons je ne comprendrai jamais rien à Dieu,
sa véritable essence me restera toujours plus hermétique que les maths modernes.
Plus j’avance, plus je crois me rapprocher de Lui,
et plus son image devient floue et obscure,
et plus il me parait évident que l’homme ne peut concevoir son créateur.
Ce qui compte, c’est que je sois en mouvement, que je bouge, que j’essaie.
Peu importe ce que je fais, l’important c’est que je le fasse.
Surtout si ce faire est dans le domaine du lâcher prise.
J’ai naturellement tendance à vouloir tout comprendre, tout contrôler.
J’ai naturellement tendance à me planter."
 
No comment…!!!
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Voici vraiment le chapitre premier qui commence!

29 novembre 2008
"La pêche de Noël
Mercredi 19 octobre 1994
Cette nuit, cassée, stressée, fatiguée, brûlée,comme disent les canadiens,
je me couche à 1 heure du mat, l’esprit déraillant et j’appelle le Seigneur à l’aide:
"au secours, je sens toutes les pensées parasites dans leurs starting-blocs,
prêtes à me sauter dessus, me harceler, sans répit, comme tous les soirs,
et je suis mal armée contre elles.
Chaque fois ce sont elles qui gagnent la bataille, tu le sais,
je vais me laisser avoir une fois de plus,
dans dix secondes, à peine le temps de finir de formuler ce SOS,
 tu vas me retrouver en train de dialoguer avec elles…"
Les objets, les petits faits, s’accumulent dans ma vie et me bouffent la tête.
Que disait le psaume du jour?
Cette phrase que j’aime tant: Ton amour est en moi comme mon espoir est en toi…
Je m’y raccroche comme à une planche de salut.
Qu’au moins cet état de déréliction débouche sur quelque chose…
C’est vrai, il n’y a que toi qui puisse me sauver.
Ton amour est en moi… Le Christ est en moi…
Le Christ est ton amour en moi… la pelote se dévide.
Je pense brusquement au texte de Paul, si je n’ai pas l’amour…
Echarde dans mon coeur depuis que je l’ai lu pour la première fois.
Et je me dis: mais si, j’ai l’amour, l’amour de Dieu en moi.
Quand on me heurte je ne rends pas un son creux mais plein, plein de l’amour de Dieu…
cet amour qui ne plastronne pas, ne fait pas le mal, il vibre en moi,
même si j’emploie une grande partie de mon énergie à l’empêcher de l’exprimer.
 
Cet amour me sauve, il me fortifie, me régénère.
La toute puissance de Dieu vient de son amour.
En Dieu, c’est l’amour qui est tout puissant, l’amour qui gagne à la fin.
Les forces du mauvais sont comme un sale roquet réduit à la taille d’une mouche qui m’aboie aux talons. Et quelle importance je lui laisse prendre!
Comme je redoute sa morsure, son aboiement!
 
Je suis dans un état constant de stress et de trépidation interne.
Je suis le cycliste montant la côte, en danseuse, appuyant de toutes ses forces sur les pédales…
et freinant de toute son énergie.
Debout sur les pédales, freinant comme une malade."
 
"Debout sur les pédales , freinant comme une malade": certain(e)s me reconnaitront là…
 
Je remercie ceux qui involontairement m’ont replongée dans cette lecture. D’abord parce que çà me "dépoussière" une fois encore, puis çà permet de rappeler que certaines volontés sont "respectables" à défaut d’être respectées. Claire dans son ouvrage, puis son mari lorsqu’elle a été "partie", ont vraiment exprimé leur désir que ces livres soient mis gracieusement au service de leurs lecteurs. Par ce témoignage, par cette profession de foi, Claire nous a laissé un cadeau. Un cadeau ne se monnaye pas… retranscrire par mon clavier ce tome "l’arbre qui marche sur la tête" est une façon d’exprimer que pour moi, chrétien et mercantile  ne sont pas synonyme. Mais chacun sa conscience. Personnellement je veux donner, même si mes mains sont parfois douloureuses et que taper longuement sur le clavier n’est pas toujours facile. Je le fais au nom de ce même "Amour" dont Claire parle plus haut.

Préface deux, parce que nous sommes encore dans les préfaces!

28 novembre 2008
"DES Brebis
                bis…
 
JE REPRENDS CE JOURNAL, après des mois d’arrêts. J’avais décidé que c’était fini, les brebis. Avant hier dans mon bain, j’ai soudain compris que ce n’était plus moi qui décidais: les gens aimaient les brebis au jour-le-jour, pleine de waouh, ouin, allo-Jésus-bobo.
Donc, je m’y recolle!
Immédiatement, mon ennemi intérieur mit en branle une nouvelle offensive. Obsédée par l’idée que personne ne s’intéressait à cette histoire de brebis perchée, j’avais occulté celle que des gens allaient effectivement lire ce que j’avais écrit. Donc me connaître intimement alors que moi je ne savais même pas leur nom. Et je suis rentrée sans prendre le temps de souffler dans la phase dite de la "stripteaseuse repentie". J’étais là, debout sur scène, l’âme en tenue d’Ève, et il était trop tard pour dire: je veux plus. Des tas d’yeux lisaient que j’étais une brebis flipette, c’était l’horreur.
Il me prenait parfois dans la journée de terribles envies de faire un gigantesque méchoui avec ces pauvres bêtes, d’oublier jusqu’au mots de brebis et d’arbres, et de retourner me coucher.
Dieu merci, les premières lettres sont très vite arrivées, et mon moral est remonté en flèche: vous avez aimé ces brebis au-delà de mes espoirs les plus extravagants.
Peu, parmi les gens qui ont l’intention ferme et définitive de m’écrire, le font vraiment. Mais prendre la plume n’est pas un acte bénin, je le sais par expérience. Trouver un papier, un stylo, du temps, une enveloppe, un timbre, c’est déjà tout un binz. Et le pire de tout, c’est ce fichu problème de l’inspiration, qui a le chic pour vous quitter au moment où on a enfin mis la main sur le papier et le stylo. Toutes ces choses qu’on avait à dire, et qui se présentaient si clairement dans sa tête, se transforment soudain et brutalement en bouillie pour les chats. Il faut vraiment être têtu pour s’obstiner.
Un grand Merci à tous les têtus."
 
Effectivement, écrire est toujours un acte audacieux qui semble mettre à nu tout notre être. Même en faisant juste acte de "disciple" par l’intermédiaire d’un clavier et des écrits d’une autre. Je sais que peu nombreux sont ceux qui s’intéressent à ce blog mais c’est l’occasion aussi pour moi aujourd’hui de les remercier pour cette forme d’amitié, d’affection qui leur fait cliquer sur mon adresse. Les liens qui nous unissent sont différents. Qu’ils soient familiaux: mes enfants sans doute; ou qu’ils soient amitiés: mes "grandes soeurs de coeur" ou par exemple une jeune femme parisienne étudiante avec qui je me sens bien, ou encore toi, hollandaise du centre de la France rencontrée grâce à ce livre, puis ceux anonymes qui ne laissent de traces que dans les "statistiques" (dommage)… Donc si je me reconnais si fort dans cette brebis dont la foi est ballotté, je suis quand même "brebis" et à ce titre:
Merci Seigneur pour tous ceux qui m’entourent ici ou ailleurs…  

début du livre le 11 novembre

27 novembre 2008
"On a peur de tout, du tonnerre, quand il fait noir.
Dès qu’il y a un caillou pointu on se le coince dans le sabot,
on attrape toutes les maladies et on comprend jamais rien à rien.
C’est pas grave puisque le berger nous aime comme on est,
calamiteuse jusqu’au bout de la selle (délicieuse en cocotte avec des lardons).
Et le mieux de tout, c’est que plus on est nul, plus le berger fond en nous regardant.
"Il y a encore Goinfrette qui a brouté trop d’herbe, la pauvre est malade comme un perroquet."
C’est, comme nous le rabâche à longueur d’épître Paul, dans la faiblesse qu’on est fort.
Fort comme le lion, fort comme David contre Goliath, fort comme notre Dieu.
"Heureux celui dont Dieu est la force, dit le psaume, des chemins nouveaux s’ouvrent dans son coeur"…
C’est çà qu’on doit faire, s’appuyer sur lui aveuglèment, lui faire toute confiance, lui dire le oui qui sauve, et ensuite des chemins nouveaux s’ouvrent dans notre coeur…
Et le jour où j’ai lu dans Jean, le Christ m’affirmer:
"Je suis le bon pasteur: et je donne ma vie pour mes brebis"
j’ai commencé à me dire: et si c’était une chance inouïe, d’être une brebis, en fait?
Et un peu, que c’en est une!
C’est la chance de ma vie _ et pas ma petite vie de femme brebis imparfaite, non, ma belle et grande vie.
Ma vie éternelle. Sur les épaules du berger, de toujours à toujours…
Une chance inouïe…

petit bout de…

24 novembre 2008
"Pour se donner envie d’être humble, penser qu’il n’y en a pas en enfer. Pas une brebis ne grille dans le barbecue géant de sa goinfritude-le-mauvais. Des paons, des lions et des tigres, des animaux superbes et somptueux qui feulent, rugissent, oui, il y en a des tas. Mais j’ai été coller mon oreille à la porte: pas la moindre trace de bêlement. J’ai bien écouté. Peut-être un vague blatèrement las-bas au fond, mais je ne jurerais de rien.
Pourtant des brebis, il y en a des troupeaux entiers à travers le vaste monde. De toute les couleurs et de toutes les formes. Il y en a des brebigarées, des brebiscornues, des brebizarroïdes, des brebismutées, et ce qui est vraiment formidable, c’est que celui qui nous a créé nous aime toutes, même les cagneuses, les lèpreuses, les galeuses, celles qui ont un troisième oeil ou une cinquième patte histoire de se compliquer un peu la marche.
Tout bien réfléchi, il n’y a que des avantages à être une brebis. Personne n’aurait l’idée de demanderà un stupide ovidé de faire des prouesses, de soulever des poids pour les jeter au loin, de pulvériser des records, ou d’inventer la relativité.
Nous, tout ce qu’on sait faire, c’est essayer de suivre le berger le nez collé au sol, des fois qu’y aurait une herbe tendre à se mettre sous la dent. On est pas du genre à lâcher l’ombre pour la proie, oh non!
On connait nos limites, on sait qu’on est des sous-doués dans toutes les matières à gros coëfficient, des cancrettes assises au fond près du radiateur. On a la vue basse, et l’oreille ensablée. Dès qu’on essaie de faire trois pas toute seule, on tombe dans le fossé, ou on se paume dans les bois où le loup y est.
Quand il s’agit de faire preuve de sainteté, on n’est pas trop pressé: "Poussez pas derrière. Y a bien le temps. Passe devant, je te suis. Demain je m’y met. Juste le temps de regarder mon horoscope."
On est tout le temps en train de râler: il fait trop chaud, j’ai froid. Le berger s’intéresse jamais à moi. C’est fatiguant. J’en ai plein les pattes. C’est encore loin? Y a trop de brouillard, je vois plus le berger. J’y arriverai jamais, alors c’est même pas la peine."
Claire je ne l’ai pas connue… Je me demande parfois si elle… elle me connaissait!?!  

les brebis dans les arbres: L’arbre qui marche sur la tête

24 novembre 2008
Rappelez-vous, nous étions resté avec Judas et son manque d’humilité:
 
"D’ailleurs s’il avait été humble, il n’aurait pas vendu son maître pour une poignée de sesterces. Il aurait fait comme Marie-Madeleine, il l’aurait aimé contre vents et marées, il l’aurait cherché le matin de sa résurrection près de son tombeau vide: "jardinier, dis-moi je t’en supplie: où as-tu mis mon berger?"
Orgueilleux, on l’est tous trop. Tous, mais si! Il n’y a pas que l’orgueil éclatant, celui du coq et du lion, qui pousse à se pavaner et à se vanter de ses exploits à longueur de journée _ moi, toutes les poulettes, je les tombe. Moi, j’en mange trois comme toi à mon petit déjeuner.
Il y a aussi l’orgueil en creux, l’orgueil de celui qui se flagelle le mental du matin au soir en gémissant bien fort: je suis un misérable ver de terre. Se complaire dans sa misérabilité, c’est aussi une forme d’orgueil.
 
Euh… la suite plus tard.
 

je continue…

24 novembre 2008
Pour mes quelques lecteurs habituels:
J’espère que vous prendrez plaisir à la lecture de ce "livre-blog", parce que je vais me contenter de cette "retranscription-héritage-témoignagne-don-amical" pour en préserver au mieux l’intégralité, la facilité de lecture. Bien sûr, en bonne méridionale je ne résiste guère, vous l’aviez sans doute déjà remarqué à quelques ressentis ou commentaires…